Non, votre enfant ne deviendra pas un tyran ! A moins que...

Mis à jour le par Lauriane Amorim, rédactrice pour Wengood

Au début, avec les enfants, on s'inquiète pour leur santé, leur survie. On vérifie qu'ils respirent bien 136 fois par nuit, on écoute le moindre de leurs petits bruits bizarres. Puis, les enfants grandissent et les inquiétudes changent. Bientôt nos mignons bébés gazouillants deviennent des êtres sur pattes hurlants, tyranniques et égocentriques. On essaye de lutter de toutes nos forces, mais, et si nos enfants devenaient de véritables petits cons, futurs nombrilistes sans compassion ? Et si c'était à cause de nous ? Quelles sont les erreurs à éviter pour que nos bébés ne se transforment pas en enfant roi.

Non, votre enfant ne deviendra pas un tyran ! A moins que...
Sommaire : 

La carotte ou le bâton ?

Lorsqu'on commence à s'inquiéter ouvertement que notre tendre petit vire petit tyran antipathique et égoïste, nous faisons face à deux types de réponses : la carotte et le bâton. C'est comme ça que je l'ai résumé, mais dans les faits (et en caricaturant) il s'agirait plutôt de faire grandir le futur tyran avec une éducation bienveillante qui prend en compte tous les besoins de l'enfant, face à une éducation, disons, plus vieille école, basée sur la hiérarchie et l'obéissance aveugle à l'autorité parentale, les fessées en moins (enfin on espère 😓). 

Évidemment, comme bon nombre des parents de ma génération, j'ai été poussé vers le modèle de l'éducation bienveillante. J'adhérerais à tout, tout me convenait, tout résonnait en moi. Je percevais sans doute aussi dans ce modèle un moyen de réparer mon enfance. La suite est on ne peut plus banale, l'éducation positive est venue se fracasser contre mes premiers cris, mes "non", les crises, les jets de jouets et autres roulades à même le trottoir.

La découverte

Et puis, l'Univers a dû entendre mes supplications parce qu'un jour particulièrement tendu où j'étais persuadée que mon fils était l'incarnation bien vivante de Joffrey Baratheon, j'ai trouvé l'une des sources du problème : mes erreurs. Avec l'éducation j'ai souvent échoué, souvent culpabilisé, me suis souvent remise en question, mais je n'ai jamais été persuadée d'être sur la bonne voie, parce qu'il n'y a pas de mode d'emploi pour élever un enfant. En tout cas, ce jour-là, j'ai trouvé une piste offerte par Katja Seide : 7 erreurs d'éducation qui fabriquent des tyrans ou des petits cons, issues du blog Gewünschtestes Wunschkind ("L'enfant le plus aimé"). La liste de ces erreurs m'a permis de me remettre en question, mais de manière bien plus intelligente et concrète. Voilà pourquoi, ni une ni deux, je vous partage ces précieux conseils qui vous aideront à faire de vos enfants des êtres sociables, compatissants, adaptés et de vous, des parents fiers et apaisés (au moins la majeure partie du temps).

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6 erreurs à éviter pour que votre enfant ne devienne pas un petit con ascendant tyrannique

1. Cacher vos émotions

Comment un enfant fait pour comprendre si ce qu'il fait est bien ou mal, si en face la réaction est neutre ou pire encore, contradictoire. Les enfants doivent pouvoir lire les expressions sur votre visage, vos réactions et comprendre les signaux. Si je fronce les sourcils et pointe l'index quand mon enfant me tape, peu à peu, il comprend que je suis énervée et que je vais me fâcher. Son action entraîne ma réaction. Cette réaction participe à l'expérience acquise par l'enfant. Il en va de même avec l'empathie et la compassion. Ne pas s'enquérir du bien-être d'un enfant qui tombe, n'est pas une réaction normale qui va permettre à un enfant de développer sa compassion et d'aider en retour une personne qui tombe.

📌 Conseil : Agir naturellement pour permettre à l'enfant de comprendre le lien entre action et réaction. Ne pas cacher sa colère, sa tristesse, sa peur ou sa joie, afin de lui permettre de comprendre quand il dépasse les bornes, quand il se met en danger ou quand il fait quelque chose de bien. En tant que parent, on n'hésite donc pas à exprimer ses émotions, mais aussi à les contrôler. Se laisser dépasser par ses émotions face à son enfant lui fait porter la responsabilité de ces émotions qui ne sont pas les siennes.

Exprimer ses émotions

On gère ses émotions et on les exprime simplement pour que l'enfant fasse le lien entre son action et notre réaction.

2. Ne jamais décevoir

Pour affronter la vie dans tous ses aspects, il faut apprendre à faire preuve de résilience. C'est difficile parce que la résilience est développée au fur et à mesure de notre existence et même au fil de nos erreurs, de nos ratages et de nos échecs. La résilience vient de notre capacité à dépasser la frustration et à surmonter les difficultés émotionnelles. En tant que parent, il est tentant de vouloir protéger son enfant de l'échec et de la déception. C'est toujours ce que j'ai moi-même cherché à faire. Mais visiblement, ce n'est pas le meilleur des chemins.

Un jour, j'ai acheté un ballon à l'hélium à mon fils, son tout premier. Il était ravi et même plus que ça. L'histoire n'aura duré qu'une heure. En entrant dans la voiture, le ballon s'est échappé et s'est envolé très vite vers le ciel. Mon fils était dévasté, il me criait de rattraper ce foutu ballon. La tentation a été immense de profiter de sa sieste pour faire revenir, comme par magie 🧚‍♀️, le ballon pour effacer le chagrin de mon fils.

📌 Conseil : Des histoires comme celle du ballon, tous les parents en ont, mais nous devons tous apprendre à supporter le chagrin de nos enfants. S'ils pensent qu'ils peuvent tout avoir, que rien n'est jamais perdu, ils n'apprennent rien de la déception, de la frustration et de la contrainte qui font pourtant partie intégrante de la vie. Plutôt que de courir acheter un jouet perdu, cassé ou envolé. Plutôt que de recoller comme par magie un biscuit coupé en deux, la meilleure solution c'est la consolation. Accompagner les enfants dans leur tristesse, leur expliquer la situation et ne pas chercher à annuler leur déception, car c'est le seul moyen pour leur cerveau de comprendre la frustration et de la surmonter.

3. Ne pas véritablement réconforter

Cette troisième erreur découle de la première. Le cerveau acquiert sa capacité de résilience par le réconfort. Le véritable réconfort et non pas par une satisfaction. La satisfaction fait plaisir, mais ne permet pas de surmonter les événements de la vie.

📌 Conseil : Pour faire passer une douleur, on permet donc à l'enfant de la surmonter en expliquant et en réconfortant et non pas en offrant un cadeau, par exemple. Évidemment, ça peut arriver, mais faire un cadeau pour essayer de consoler son enfant parce que son copain déménage ne va pas lui apporter un véritable réconfort. Le cadeau va seulement camoufler le problème et apprendre au cerveau qu'il n'est pas utile de surmonter sa tristesse. On peut le faire, mais on devrait aussi expliquer la situation à son enfant et lui offrir notre épaule pour qu'il pleure.

surmonter la tristesse

Réconforter, supporter le chagrin et donc renforcer la capacité à endurer les situations compliquées.

4. Laisser l'enfant dépasser nos limites

Je crois que comme beaucoup d'autres enfants, mon fils n'aime pas aller se coucher le soir. C'est un moment qui peut durer des heures et durant lequel je dois lire et relire des histoires à plusieurs reprises, m'allonger à côté de lui, chanter des chansons, etc. Et voilà comment je me retrouve privée de soirée, harassée et avec encore un tas de choses à faire, sans pourtant savoir ce qui tient mon fils éveillé. Sauf que si je ne respecte pas mes propres limites, comment mon fils peut-il apprendre à les respecter ? Mes limites, mais aussi celles des autres. Il faut de temps en temps apprendre à dire non et surtout stop. Encore une fois, le cerveau de nos bambins doit comprendre que tous ses besoins ne peuvent pas être satisfaits afin de leur permettre de maîtriser leurs envies et leurs pulsions.

📌 Conseil : Fixer des limites aux enfants de façon douce et claire. Pour fixer ses limites, nul besoin d'y aller à coups de pioche. L'idée ce n'est bien sûr pas de blesser son enfant en l'envoyant balader au bout de la deuxième histoire, mais de lui faire comprendre gentiment qu'on est au bout du rouleau fatiguée. "J'ai bien compris que tu voudrais une autre histoire, mais ce soir ce n'est pas possible parce que je suis très fatiguée et que j'ai besoin de me reposer. On la liera demain, mais ce soir c'est impossible, on s'arrête là." Voilà comment favoriser une attitude empathique et respectueuse de l'autre, sans agressivité, parce qu'une communication parentale agressive favorise des comportements provocateurs. On fixe nos limites en douceur.

5. Être imprévisible

Les gens et plus particulièrement les enfants, ont besoin de structures pour se sentir en sécurité. Si nous passons trop de temps sans pouvoir prévoir ce qu'il va advenir ensuite, nous angoissons. La chose s'applique évidemment aux enfants et dans une mesure plus importante. On remarque d'ailleurs souvent que nos petits ont tendance à bien mieux se comporter quand ils savent à quoi s'en tenir, quand ils savent où ils mettent les pieds. Les enfants ont besoin d'adultes dont les comportements sont prévisibles. Ainsi, ils se sentent orientés, en sécurité, et ils peuvent aussi adapter leur comportement. En effet, sans un comportement prévisible de la part de leurs parents, les enfants peinent à avoir des points de repère, à comprendre ce qui est correct en société ou non. Si quand un enfant frappe on agit soit en le grondant, soit en riant, soit en l'ignorant, comment peut-il apprendre les règles du vivre-ensemble ?

>>>Cet article pourrait vous aider : Pourquoi l'imprévu m'angoisse autant ?

📌 Conseil : Évidemment qu'on a le droit de changer d'humeur sans être un mauvais parent qui va faire de son enfant un tyran ! L'important, c'est que la majeure partie du temps, votre enfant doit comprendre votre réaction et ce qui a mené à cette réaction. Pour être prévisible pour nos enfants, le plus simple, c'est encore qu'ils apprennent à nous connaître. Pour ce faire, il suffit de se montrer naturelles et honnêtes avec eux. Parfois quand notre enfant fait une bêtise on n'a tout simplement plus l'énergie de faire preuve de bienveillance et de patience, alors on lui dit qu'on est épuisée, et surtout on ne culpabilise pas de ne pas réagir toujours exactement de la même façon... parce que ça arrive.

6. Ne pas écouter les "non" de nos enfants

La notion de consentement est de plus en plus présente et on ne va pas s'en plaindre ! Cependant, on oublie souvent d'appliquer le consentement dans notre éducation. Les enfants apprennent par l'expérience, si l'on souhaite qu'ils comprennent ce qu'est le consentement on doit leur apprendre que "non, c'est non". En ce moment, je passe des journées entières à dire "non" à mon fils. Parfois il m'écoute et parfois pas du tout. Et moi ? Est-ce que j'écoute quand il me dit non ? Aïe, la réponse est... non, pas toujours en tout cas. Il ne veut pas se laver les mains et je lui fourre les mains sous le robinet. Il ne veut pas s'habiller et je le maintiens fermement pour tenter de lui enfiler un t-shirt. Que comprend mon fils ? Sans doute que même s'il dit non, c'est le plus fort qui décide. Est-ce que j'ai envie qu'il ait ce type de comportement plus tard avec les autres ? Avec les femmes ? Évidemment pas. Et d'un autre côté, comment pourra-t-il apprendre à se respecter, à connaître ses limites si moi, sa mère, je les ignore ? Si j'utilise la force physique pour dépasser ses limites, même en pensant le faire pour son bien ? La question est vertigineuse, je l'avoue et elle m'a longtemps trotté dans la tête, au point qu'aujourd'hui encore je me bagarre avec elle.

📌 Conseil : Tentons de nous souvenir qu'un non est un non, même dans la bouche d'un enfant. Bien sûr, en tant que parents, nous devons nous assurer qu'ils soient en sécurité et qu'ils respectent des lois sociales, morales, etc. mais nous devons faire usage de notre pouvoir à bon escient. Alors peut-être que pour avoir ignoré un non de son enfant, on peut en accepter plusieurs autres. Bon, je vous rassure, ça ne fonctionne pas bien à chaque fois. Passer outre le refus de ses enfants, c'est parfois la seule solution à laquelle on pense. La vérité c'est que bien souvent nous ignorons les limites posées par nos enfants par paresse, par honte, par manque de temps ou d'imagination.

respecter les limites

Face à un "non" essayons de faire preuve de créativité et prenons le temps. Ensuite à nous voir si l'on doit passer outre le refus de l'enfant ou accepter ses limites…

Ce qu'il faut surtout garder en tête c'est que des erreurs, en tant que parents, on en fait des tas. Et, même après cet article, après ce qu'on a appris, on continuera de faire des erreurs. Peut-être pas les mêmes, parce qu'on apprend, mais peut-être les mêmes parce qu'on est fatigués et qu'on en a marre, ou peut-être des erreurs différentes. Une chose est sûre cependant, c'est que si on s'inquiète à l'idée que nos enfants deviennent des enfants rois 👑 et qu'on est capable de se remettre en question pour éviter ça, alors on est déjà certainement de bons parents. Soyons aussi bienveillants envers nous-même que nous cherchons à l'être avec nos enfants !

L'avis de la rédaction : quelle aventure !

Être parents, c'est une sacrée aventure mais quel stress également ! Peur de mal faire, de ne pas être à la hauteur, de ne pas en faire des adultes bien dans leurs têtes etc. Retenez que comme le dit Lauriane, des erreurs, on en fait des tas et c'est ce qui nous permet d'apprendre. Si vous rencontrez des difficultés dans votre rôle de parent, que vous sentez perdue, n’hésitez pas à prendre rendez-vous avec un psychologue afin d'être au clair avec vous-même, votre propre enfance et votre rapport à vos parents.

🤗 Se comprendre, s'accepter, être heureuse... C'est ici et maintenant ! 
#BornToBeMe


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Quoi qu'il en soit, rassurez-vous parce que le parent parfait n'existe pas, et c'est tant mieux !

Et aussi :

Source : Le HuffPost

Article proposé par Lauriane Amorim, rédactrice pour Wengood

Mon rêve de bonheur : redécouvrir le monde avec des yeux d'enfants

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