Complexe de Dieu : ces gens qui prennent la grosse tête au travail

Mis à jour le par Camille Lenglet

J’adore les réseaux sociaux, sauf un. LinkedIn est ma bête noire, déjà parce que j’ai l’impression que c’est le cœur de la start-up nation, mais aussi parce qu’il est rempli de posts soi-disant inspirants à propos du travail. Parler de ses exploits au travail, paraître inébranlable et déborder de confiance en soi, c’est ce qui s’appelle avoir le complexe de Dieu. Eh oui, il y en a qui ne se prennent pas pour une m*rde au bureau ! D’où vient cette tendance à avoir la grosse tête ? Explications.

Complexe de Dieu : ces gens qui prennent la grosse tête au travail
Sommaire : 

Qu’est-ce que le complexe de Dieu au travail ?

Depuis quelques années, une tendance est apparue. Une directrice de start-up qui se lance des fleurs pour sa réussite, un salarié qui se vante d’avoir décroché un énorme contrat pour sa boîte, des étudiants qui ont tout compris au monde du travail depuis leur premier stage 🙄 (coucou l’effet Dunning-Krugger 👋)… On pourrait en citer des tonnes comme ça et le point commun de tous ces individus, c’est le complexe de Dieu.

👉 C’est une tendance à se montrer fort, désirable et à montrer qu’on est au-dessus des autres par notre savoir. On pourrait croire qu’avec la démocratisation du télétravail, on croiserait moins de spécimens au complexe de Dieu, mais on les retrouve en ligne ! Que ce soit dans les chats de l’entreprise, les vidéoconférences ou les réseaux sociaux 😫…

D’où vient le complexe de Dieu ?

Le psychologue, Michaël Stora, explique que le complexe de Dieu n’est pas répertorié dans les manuels de psychiatrie, même si cela peut concerner les personnes souffrant d’un trouble bipolaire qui sont dans un épisode maniaque. Généralement, ce problème d’ego surdimensionné vient d’autres raisons qui n’en sont pas moins complexes. Il y a une urgence à prouver sa valeur dans le monde du travail, voici pourquoi 🧐 :

La culture d’entreprise

Beaucoup d’entreprises valorisent la culture du plus fort. L’humilité n’est pas au centre des valeurs de certains groupes, au contraire, c’est la performance qui est valorisée 😅.

“Nous sommes sans cesse challengés par l’entreprise et la barre est si haute que cela nous pousse à être dans une forme de déni, et à peiner à reconnaître nos faiblesses.” Michaël Stora.

C’est particulièrement vrai dans les équipes “business”, ce qui pousse forcément les employés à développer un complexe de Dieu. C’est un climat d’entreprise très toxique, puisque le talent des introverties n’est pas mis en avant. Et même ceux qui parviennent à être dans la démonstration peuvent se sentir mal aussi. Dès qu’un collègue brille plus qu’eux, ils complexent sur leur performance.

👉 La hiérarchisation d’une entreprise a aussi un énorme impact sur l’attitude des salariés. En effet, un management vertical, où il y a une hiérarchie qui fait peur aux employés, va mettre plus de pression. Il faudra constamment prouver que le travail est effectué, d’où le besoin d’en faire des tonnes 😥 !

Une "gamification" du monde du travail

Lors des entretiens d’embauche, on nous demande “pourquoi vous et pas quelqu’un d’autre ?”. On doit bel et bien prouver qu’on est le ou la meilleure pour le job. Le psychologue établit un parallèle avec la série à l’énorme succès, Squid Game. Soit on gagne, soit on meurt...

Image de Squid Game

Un employé qui enchaîne les entretiens 😅

On comprend vite avec cette comparaison, que dans notre société, il n’y a pas d’entre deux. C’est encore plus vrai dans le monde du travail où la concurrence est rude. Il faut vraiment prouver qu’on a les compétences et que l’on est compétitif comparé aux autres. De plus, au vu de l’instabilité du travail, il faut le faire en permanence, dans le cas où il faudrait retrouver un emploi rapidement. C’est une mentalité très capitaliste, on doit être bankable pour réussir 😕…

Le système éducatif et la nouvelle génération

On voit donc que la culture d’entreprise et le taux de compétitivité favorisent énormément le complexe de Dieu. Cependant, cela va même plus loin que le monde professionnel. Dès notre scolarité, on nous apprend à être la meilleure, entraînant une peur de l’échec. L'école nous apprend que plus on sera performante, plus on aura de l’attention, de la reconnaissance et plus globalement, un accès au bonheur 😫.

👉 C’est particulièrement vrai pour ma génération, les millénials. On nous apprend que l’on peut tout être et tout avoir, ce qui augmente notre niveau d’exigence ! Les réseaux sociaux que nous utilisons renforcent ce sentiment. Dopés aux likes, on reste en quête d’une reconnaissance de l’entreprise. D’ailleurs, c'est l’une des raisons qui font que la génération Y est plus malheureuse au travail

Un manque de confiance en soi

On comprend ainsi que face à cette société et ses exigences, on finit par développer des inquiétudes. On se sent en grande insécurité et on manque de confiance en soi, donc on va développer le complexe de Dieu pour compenser. Oui, c'est tout le paradoxe ! Comme l’explique Michaël Stora, lorsqu’il y a un narcissisme exacerbé, il a bien souvent beaucoup de fragilité derrière ce masque 🎭.

Il faut en conséquence se montrer comme étant le plus fort ou la plus forte, un peu comme un catcheur sur le ring. On enfile le masque afin de casser nos adversaires et en sortir grande gagnante. Sauf qu’à force de faire semblant, on peut vite en arriver au burn-out 🥴…

La nécessité de trouver un équilibre entre narcissisme et humilité

Il y a quelques années, j’avais entendu l’adage “Fake it until you make it”. J’ai réussi à l’appliquer un peu à ma confiance en moi, mais pas dans le monde du travail. Toutefois, il y en a qui y arrive très bien, mais cela est à double tranchant. Par conséquent, il est nécessaire de trouver un équilibre entre notre narcissisme et notre humilité. Avoir de l’ambition et de la force d’esprit, c'est vital, surtout au vu de comment fonctionne notre société. Néanmoins, point trop n’en faut. C’est comme tout, être dans l’abus en devient caricatural au mieux et au pire, c’est toxique pour les autres et soi 😥.

Comment se défaire du complexe de Dieu ?

Pour se débarrasser de ce complexe de Dieu, il faut prendre du recul et d’accepter l’échec. C’est ainsi qu’on arrivera à être transparente avec soi-même pour se sentir mieux. Néanmoins, tout le monde n’est pas capable de faire ce travail-là. C’est pourquoi la communication non violente peut-être la solution. Que ce soit par un employeur dépassé par le comportement d’un salarié au complexe de dieu ou que ce soit pour gérer un collègue difficile.

L'avis de la rédaction : un équilibre à trouver

Quand on souffre du complexe de Dieu, on se croit bien supérieure aux autres, bien meilleure. Nos opinions sont supérieures à celles des autres et forcément, ça finit par clasher ! Il faut ici trouver l'équilibre, de la confiance en soi oui, déprécier les autres, les juger moins bons que nous, c'est non. Si vous rencontrez des difficultés professionnelles et que vous avez le sentiment d'être bien au-dessus du lot, une partie du problème se cache peut-être dans ce complexe de Dieu. N'hésitez pas à prendre rendez-vous avec un psychologue, ensemble, vous trouverez l'équilibre.

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Sources : welcometothejungle.com / wikipedia.org / mba-rh.dauphine.fr

Article proposé par Camille Lenglet

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