Peur de la hierarchie, d'où est-ce qu'elle vient ? Comment s'en défaire ?

Mis à jour le par Camille Lenglet

Pendant longtemps, j’ai eu peur de la hiérarchie. Lorsque je voyais le big boss entrer dans les bureaux ou me parler sur le chat de l’entreprise, j’avais une petite boule qui se formait dans mon ventre. J’avais peur qu’on me fasse des reproches et qu’il y ait des conflits. Il m’est arrivé d’aller au travail avec beaucoup d'angoisses, à cause de l’idée d’être confrontée à un supérieur. Comment en vient-on à avoir cette peur de la hiérarchie ? Est-ce rationnel ? À travers mon expérience, je vous explique.

Peur de la hierarchie, d'où est-ce qu'elle vient ? Comment s'en défaire ?
Sommaire : 

Une relation dysfonctionnelle avec le supérieur hiérarchique

Échanger avec son supérieur hiérarchique, c’est normal au travail. Cependant, je ne suis pas la seule à avoir du mal avec l’autorité. Beaucoup d’employés éprouvent des difficultés à être confrontés à leurs supérieurs :

📌

Selon une étude de Meteojob, deux Français sur trois affirment avoir peur le matin en allant au travail, dont 27,7 % craignent leur supérieur.

Lorsqu’on ne sait pas pourquoi on vient nous parler et qu’il n’y a pas de raison clairement identifiée, cela augmente l’anxiété. Le problème est qu’il y a parfois des problèmes de communication. De plus, il arrive que des managers ne soient pas formés à gérer des équipes. Il y a donc une mauvaise gestion de la relation avec les employés, mais il peut y avoir plus grave 🧐.

Une expérience traumatique

En effet, il peut s’agir d’un traumatisme lié à un dysfonctionnement vécu dans un ancien poste. L’expérience négative est donc reportée sur le nouveau poste que l'on occupe. Certains managers sont toxiques, ils abusent de leur autorité et de leur pouvoir, mettant une pression et une angoisse sur les employés... Parfois, c’est même la culture d’entreprise qui n’est pas saine et qui nous place dans un contexte pesant. Par conséquent, il y a un traumatisme qui génère une anxiété généralisée qui se perpétue 😟.

Une peur de l’autorité ancrée en nous

Dans mon cas, j’ai eu la chance de ne jamais avoir eu d’expériences réellement traumatisantes. Il m’est arrivé d’avoir des supérieurs autoritaires, mais pas toxiques. Néanmoins, ça ne m'empêche pas d’avoir peur de la hiérarchie ! Il s’agit donc d’une peur de l’autorité au global. Cette dernière vient de l’enfance, car nos parents nous ont transmis des règles avec leur autorité. S’il n’y a pas eu de crise d’ado pour remettre en question cette autorité, il n’y a pas eu libération des parents une fois adulte.

Femme qui stress à son bureau

📚 Bon à savoir : La peur de l’autorité concerne bien souvent les personnes ayant le syndrome de la bonne élève.

De plus, suivant notre passé, il se peut qu’on se soit forgé une personnalité discrète et effacée. On aura donc tendance à vouloir éviter les conflits à tout prix et à rester en retrait. Un simple dialogue peut être vécu comme une confrontation violente alors qu’il n’y a pas de raison de s’inquiéter. La peur d'être licencié, d’être mal aimée, d'être décrédibilisée… Autant de raisons qui traduisent en réalité un manque de confiance en soi 😓.

Comment se débarrasser de cette peur ?

Le travail le plus important est d'identifier la raison de cette peur afin de déterminer si elle est rationnelle (expérience professionnelle traumatisante) ou irrationnelle (notre construction personnelle). À partir de là, il va être possible de faire un travail pour se débarrasser de cette crainte.

1. Dédiaboliser son supérieur 👹

Quand il s’agit d’une peur irrationnelle, il est important de dédiaboliser son supérieur hiérarchique. Comment faire ? Il est bon de se rappeler qu’il n’a pas un “droit de vie ou de mort” sur nous ! Il ne peut pas non plus nous frapper, il n’y a pas de risques “graves”, surtout si on n’a pas commis de fautes. Il faut donc dédramatiser cette peur irrationnelle en se souvenant que c’est un être humain qui n’a pas pour but de nous violenter.

2. Réaliser qu’on n’est pas au centre 🎯

Tout le monde a des comptes à rendre à sa hiérarchie, mais tout ne tourne pas autour de nous ! Il faut prendre le problème à l’envers : est-ce qu’une erreur faite par le nouveau stagiaire va nous empêcher de dormir ? Non. C’est la même chose pour notre manager, il a une vie en dehors du travail ! Nous ne sommes pas le centre de son attention.

3. Communiquer 💬

La communication est souvent la clé de toute relation, qu'elle soit personnelle ou professionnelle. On peut dire à son manager que, lorsqu’il nous convoque, nous avons besoin de connaître la raison de cette rencontre. Cela permet de développer son assertivité au travail grâce à l’expression de nos difficultés.

✅ Par exemple, on peut suggérer qu’on nous dise : “pouvons-nous nous voir cet après-midi pour discuter de X?” plutôt que “cet après-midi, il faut qu’on parle, dégagez-vous du temps entre 14h et 15h”.

4. Passer par un intermédiaire 💁‍♀️

Si la communication directe et franche n’est pas notre fort, il est toujours possible de passer par un intermédiaire pour pouvoir exprimer nos besoins ou nos craintes. Une collègue avec qui on s’entend bien et en qui on a confiance, par exemple ! Il peut aussi s’agir d’un autre manager ou même du service RH. Dans ce dernier cas, il vaut mieux parler d’un problème de communication global, que de parler de son manager précisément.

5. Se forger une identité professionnelle 🖥️

Tout comme on se forge une identité sociale tout au long de sa vie, il est parfois nécessaire d'en faire de même pour notre vie pro. Je ne dis pas qu'il ne faut pas être soi-même au travail ! Cependant, il faut apprendre à dissocier la personne que l’on est dans la vie privée et celle que l’on est au travail, car c'est un bon moyen de diviser nos peurs. Cela permet de se mettre dans un rôle et d’arriver à dépasser ses angoisses. 

6. Se focaliser sur ses tâches ou un projet 📋

Focaliser toute son attention et son énergie sur nos tâches ou un projet permet d’augmenter sa concentration. Cette dernière pourra donc diminuer les pensées liées à la peur de son manager. Cela marche de la même manière que la méditation, moins les pensées sont présentes, plus on voit son angoisse disparaître ! 

7. Demander de l’aide 🆘

Si cette peur devient trop envahissante ou s’il y a un traumatisme derrière cela, il faut demander de l’aide. Cela doit se faire en dehors du contexte du travail, dans le cadre de la vie personnelle. Suivant le degré d’anxiété généralisée par un supérieur, on pourra se tourner vers un coach, voire, un psychologue.

L'avis de la rédaction : une peur normale tant qu'elle reste raisonnable

Craindre sa hiérarchie est normal, dans une certaine mesure, nous avons envie de nous montrer sous notre meilleur jour et d'être reconnu pour notre travail. Pour autant, cette peur ne doit pas devenir maladive et vous stresser chaque matin en allant au bureau. Si c'est le cas, il convient alors de se poser la question, le problème vient-il de vous ? De votre passé ? Ou des paroles et agissements de votre supérieur ? Quoi qu'il en soit, il ne faut pas laisser la situation s'ancrer dans le temps, n'hésitez pas à contacter un psychologue afin de faire le point sur votre situation et trouver des solutions.

🤗 Se comprendre, s'accepter, être heureuse... C'est ici et maintenant !
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Mais aussi :

Source : La phobie de la hiérarchie, Pierre Soustre, sans Le Journal des psychologues 2017/1 (n° 343)

Article proposé par Camille Lenglet

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