Je veux travailler moins, laissez-moi vivre et passer ma vie pro au second plan !

Mis à jour le par Camille Lenglet

J’ai toujours fait passer ma vie professionnelle au second plan, car ce qui m’intéresse le plus, moi, c’est la création. L’art, de manière générale, est une source de bien-être. Oui, mais voilà, le problème est qu’il est difficile de vivre de son art et de ses créations. Particulièrement dans une époque capitaliste où la productivité et la consommation comptent par-dessus tout. Mais ne faut-il pas revoir notre conception du travail ? Et si on travaillait moins pour vivre plus ? Comment faire pour réellement travailler moins ? Explication.

Je veux travailler moins, laissez-moi vivre et passer ma vie pro au second plan !
Sommaire : 

Une prise de conscience grâce à la pandémie

Début 2022, ce n’est pas moins de 470 000 personnes qui ont quitté leurs CDI, soit 20% de plus qu’en 2019 🤯. Aux États-Unis, cette tendance est appelée le “Big Quit” (et aussi “The Great Resignation), tellement d’employés ont quitté leur emploi (environ 4,3 millions de personnes). Si le travail a toujours été quelque chose qui ne me faisait pas envie, voire qu’il me provoquait de l’ergophobie, certaines personnes ont eu une prise de conscience grâce à la pandémie. Cet événement a bouleversé nos vies, mais je suis sûre qu’il va changer l’Histoire 😦.

En effet, nous avons eu un vrai moment de pause. La roue du hamster s’est arrêtée et les confinements nous ont permis de réfléchir réellement au sens de notre vie, comme l’explique Romain Bendavid, directeur de l'Expertise Corporate et Climat Social. Cette période a permis à beaucoup de monde de se reconnecter à ce qui les rendait véritablement heureux. Et spoiler alert : pour la plupart des gens, ce n’est pas le travail 😅 ! 

👉 C’est vrai ça, si on nous demande les 5 plus beaux moments de notre vie, peu de chance qu’une personne cite quelque chose en rapport avec l’emploi ! 

Ne pas travailler, un véritable privilège  

Aujourd'hui, le travail est une véritable condition de reconnaissance sociale comme le dit Matthieu Fleurance, cofondateur du collectif “Travailler moins”. Si on n’a pas de travail, si on est au chômage, si on bénéficie d’aides, on est très rapidement qualifié “d’assistée”, de profiteuse et de paresseuse. Alors, rappelons donc ce qu’est la paresse : c’est le goût de l’oisiveté et le fait de ne pas aimer travailler. L’oisiveté, quant à elle, est décrite ainsi : “état de quelqu’un qui ne travaille pas, soit par incapacité, soit par privilège”. 

Effectivement, cultiver l’oisiveté et ne pas travailler est un véritable privilège généralement réservé aux plus riches d’entre nous. D'ailleurs c'est un sujet qu'explore la vulgarisatrice, Manon Bril.

Le travail est un moyen de monétiser notre temps sur terre pour pouvoir espérer survivre, puisque nous sommes dans une société capitaliste où la consommation prime 😖. Sauf qu’il est important de remettre en question le système du travail et du capitalisme. Je pense que beaucoup de gens seraient d’accord avec moi, le travail n’a pas à nous définir en tant qu’être humain 🤔.

>>> Et si on faisait l’éloge de la paresse plutôt que de la critiquer ?

S’affranchir du travail

Romain Bendavid explique que le travail devient quelque chose qui a de moins en moins d’importance. Il y a 30 ans, 60% des Français pensaient que le travail était très central, aujourd’hui, il n’y a plus que 32% qui pensent cela (enquête Ifop). D’ailleurs, les jeunes de la génération Y sont plus malheureux au travail, car ils considèrent que le travail ne doit plus être un marqueur social. Cela traduit un véritable épuisement professionnel, sauf que l’on continue à détourner le regard, car la grande machine de la productivité s’emballe. On souhaite utiliser notre temps, oui, mais pas pour s’épuiser dans quelque chose qui ne nous rend pas forcément heureuse.

Ce constat est tel que même Beyoncé en parle dans sa chanson “Break my soul” où il est dit : “Évacue ta colère, libère ton esprit, libère-toi de ton travail, libère ton temps”.

Photo de Beyonce

Si même Beyoncé le dit, qu’attendons-nous ?!

Prisonniers et prisonnières de l’aspect économique

Ne pas vendre son temps sur terre veut dire que l’on a des ressources. Soit financière, soit que l’on a trouvé d’autres solutions. On en revient effectivement à la même problématique, c’est qu’il faut de l’argent pour vivre 💰. Et ça, les grands groupes et les employeurs l’ont bien compris et c’est d’ailleurs comme cela qu’ils tiennent les employés. Sauf que ce chantage économique finit par se fissurer et que les gens ont en assez de rendre les plus riches, toujours plus riches. 

✊ Mai 68 avait déjà planté des graines sur cette lassitude du travail qui prend toute la place, mais ces préoccupations reviennent. Nous sommes en effet dans une société qui nous pousse toujours à consommer davantage et produire encore plus.

💬 Mon témoignage : un équilibre en passion et finances

Pour ma part, dès l’obtention de mon diplôme, j’ai eu envie de me mettre à mon compte et d’être ma propre patronne. En fait, je voulais faire de ma passion, un travail. Il y a encore cette notion de rentabilité, mais aujourd’hui, on n’a pas le choix. On doit faire de l’argent pour vivre, mais je me suis dit que c’était toujours mieux de faire ça avec sa passion. Malheureusement, la pandémie est passée par là et au lieu de m’aider, elle m’a enfoncé dans la précarité. 

J’ai su rebondir et aujourd’hui, j'ai un travail en mi-temps en télétravail pour pouvoir répondre à mon besoin économique, mais aussi me laisser du temps pour les activités qui comptent par-dessus tout pour moi. Cependant, si j’ai pu faire ce choix, c’est que j’ai quand même des privilèges, ce n’est pas donné à tout le monde de se mettre dans cette situation. De plus, j’ai dû renoncer à certaines choses et faire des sacrifices pour parvenir à cet équilibre, chose qui n’est pas simple à faire psychologiquement.

Comment faire différemment et travailler moins ?

En France, il faut montrer son investissement au travail. Le présentéisme y est roi et on doit faire croire que le travail est notre unique raison de vivre. Sauf que ce n’est pas le cas dans les pays nordiques, comme en Suède ou en Norvège, où le temps de travail est aménagé autrement. Je sais que notre pays est encore loin de l’obsession du travail comme aux Etats-Unis et au Japon, où les gens finissent par développer l’hikikomori. Cependant, cela reste une préoccupation majeure, où il est très mal vu de ne pas travailler. Pourtant il y a quelques pistes de réflexion à explorer pour travailler moins 🧐.

La réduction du temps de travail

Travailler moins est un sujet tabou, surtout depuis l’instauration de la semaine de 35h 😅. On se concentre sur le temps de travail d’un point de vue économique, alors que le temps de loisir compte tout autant. Surtout que, cela favorise une meilleure santé mentale. C’est d’ailleurs pourquoi, beaucoup se battent pour la semaine de 4 jours rémunérée comme une semaine normale. De plus en plus de citoyens veulent travailler moins pour vivre mieux. Cela a de nombreux avantages car le mal-être au travail diminue et la productivité augmente. Eh oui, des employés reposés et heureux seront plus efficaces (même si cela reste encore dans une logique de rentabilité 🤐).

Ne plus tolérer le “produire davantage”

Il faut un changement profond de la société et de notre façon de consommer. On nous crée de faux besoins avec le marketing, mais il est vital de se focaliser sur la qualité plutôt que la quantité, pour ne plus consommer du travail humain pour rien. C’est un exercice difficile de changer sa consommation et de revoir ses besoins, mais c’est un moyen pour parvenir à réduire véritablement le travail. Comme le souligne Matthieu Fleurance, il est aussi important de repenser les systèmes de solidarité et d’aller vers la décroissance ↘️.

Se reconvertir vers quelque chose qui a davantage de sens

À notre échelle, on peut choisir de faire une reconversion professionnelle pour aller vers quelque chose qui a plus de sens. Néanmoins, encore là, il y a une notion de privilèges à ne pas oublier. Certaines personnes, particulièrement les femmes, ont besoin d’avoir plusieurs activités professionnelles pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. De plus, les métiers qui ont plus de sens, comme ceux du soin, subissent une crise sans pareil, alors difficile d’envisager un avenir prometteur dans ce genre de domaine.

Le télétravail

Si pour l’Angleterre et l’Allemagne, le télétravail était déjà quelque chose de courant, en France, on a dû attendre la pandémie. C’est comme ça que les choses marchent dans notre pays, on doit être dans la contrainte pour évoluer. Pour beaucoup de personnes, dont moi, ça a été quelque chose de très libérateur, avec un sentiment de pouvoir mieux gérer l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Mais encore une fois, tout le monde n’a pas accès à ce privilège ! En France, seuls 30% des salariés peuvent avoir accès au télétravail. En effet, difficile de voir certains métiers, pourtant essentiels, avoir accès au télétravail. Difficile d’être infirmière ou caissière depuis son salon 😥…

>>> Ceux et celles qui ont accès au télétravail peuvent être digital nomad et combiner voyage et travail pour avoir la sensation de mieux profiter de la vie ✈️.

La robotique

Ce dernier point, qui peut prêter à sourire, est pourtant tout à fait sérieux ! Les gens décrient l’arrivée des caisses automatiques, en disant que ça vole un travail. Il faut envisager cela dans l’autre sens ! L’automatisation, et de manière générale la robotique, va supprimer des emplois, mais ceux-ci sont souvent considérés comme pénibles. Cela laisse donc plus de temps aux individus, mais faut-il encore qu’il y ait une compensation financière, d’où le débat sur le revenu universel.

Ne plus travailler ne signifierait pas “ne rien faire”, mais cela nous permettrait d’être plus heureuse et plus apaisée et de vivre une vie beaucoup plus douce. Pourquoi notre exigence devrait-elle être pénible ?


Pour aller plus loin sur la thématique, n’hésitez pas à consulter le livre “Va t’faire vivre” de Matthieu Fleurance :

Livre va t'faire vivre

Trois Nantais·es  invitent à la  rébellion joyeuse  des jeunes (et  de leurs parents  paumés)

L'avis de la rédaction : se préserver avant tout

Trouver sa place, un équilibre dans le monde professionnel, et dans la vie en général, n’est jamais simple. Remettre en question notre rapport au travail est primordial, surtout avec l’augmentation des burn-out. En tant qu’individu, notre santé mentale doit être au cœur de nos préoccupations. Le travail et les finances sont bien souvent au centre du problème, il faut donc prendre des engagements. Cependant, si on constate une souffrance qu’il n’est plus possible de gérer, il est nécessaire de consulter un psychologue pour se faire accompagner. Les grands combats attendront, mais notre santé psychique ne pourra pas.

🤗 Se comprendre, s'accepter, être heureuse... C'est ici et maintenant !
#BornToBeMe

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Sources : radiofrance.fr / francetvinfo.fr / travaillermoins.fr / capital.fr

Article proposé par Camille Lenglet

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