Validisme : le bon sentiment qui cache une discrimination

Mis à jour le par Camille Lenglet

Je n’ai pas de handicap, je ne peux pas dire ce que ça fait de vivre avec. Je ne peux pas prendre la parole d’une personne avec des difficultés, par contre, je peux aider à sensibiliser autour du validisme. Étant moi-même une femme grosse dans l’espace public, je connais la différence. Je souhaite donc que les propos discriminants et infantilisants ne soient plus, non plus, le quotidien des personnes en situation de handicap. C’est une réalité qui s’appelle le validisme ou capacitisme, parlons-en !

Validisme : le bon sentiment qui cache une discrimination
Sommaire : 

Qu’est-ce que le validisme ?

Le validisme, autrement appelé le capacitisme, est une discrimination contre une personne qui vit avec un handicap. Cela englobe également les préjugés et un traitement différent, souvent négatif, que l’on peut aussi retrouver dans la psychophobie. Cela place la personne sans handicap, comme personne capable et représentant une norme sociale, en opposition à la personne qui a un handicap 😥. Le validisme est une forme de complexe de supériorité, les personnes en situation de handicap y sont confrontées quotidiennement. On ne s'aperçoit pas de cette oppression lorsqu'on ne la vit pas 🙁...

Exemple de validisme

Je pense qu’on ne se rend vraiment pas compte de ce que les personnes en handicap vivent au quotidien. Alors, pour illustrer le validisme, il faut un exemple : c’est lorsqu’on “conduit” le fauteuil roulant d’une personne à mobilité réduite sans son accord. C’est un comportement typique du syndrome du sauveur et il est toxique 😦 ! Mais il y a aussi d’autres exemples qui représentent cette discrimination : c’est lorsqu’on caresse un chien guide sans réfléchir, c’est lorsqu’on infantilise en voulant faire les choses à la place de l’autre, etc. 

⚠️ Tout cela représente des micro-agressions qui font sentir la personne avec un handicap comme différente, c’est ça le validisme.

Le validisme bienveillant

Une chose qui épuise les personnes en situation de handicap, c’est le “validisme bienveillant”. Céline Extenso, co-fondatrice des Dévalideuses, explique son ras-le-bol des personnes valides qui désirent lui parler, la toucher et qui veulent témoigner leur soutien, admiration et respect. Cela peut partir d’un bon sentiment, mais en réalité, c'est un manque de respect qui cache autre chose. 👉 Quand une personne valide se comporte ainsi, c’est souvent un moyen de se rassurer et de se dire que sa vie pourrait être pire. C’est un peu comme la fascination du morbide, beaucoup de gens ont besoin de se comparer et c’est très cruel pour les personnes ayant un handicap 👎. 

L’admiration gênante des personnes valides

Une chose que j’ai lue à travers les différents témoignages, c’est la gêne provoquée par l’admiration des personnes valides : “oh la la tu es tellement courageuse”. Quand on a un handicap, on n’a pas le choix. Les personnes en situation de handicap doivent vivre avec et n’ont aucunement envie d’être une leçon de vie. 

🗣️ Béatrice Pradillon, autre co-fondatrice des Dévalideuses, explique “qu’on n’a pas à rappeler la chance aux autres d’être nés dans un corps valide”.

Le malaise des représentations "inspirantes"

Avec les réseaux sociaux, on voit de plus en plus de vidéos avec des personnes en situation de handicap. C’est bien d’avoir des corps différents représentés ! Cependant, là où le bât blesse, c’est lorsque ce sont des publications mettant en scène un handicap sous forme “d’exploit”

👉 Un exemple de validisme en vidéo : une petite fille qui apprend à marcher avec sa prothèse de jambe. Ce qui rend extrêmement mal à l’aise, c’est que cela provoque ce type de réaction “qu’est-ce qu’elle est courageuse, c’est inspirant !”.

Malheureusement, des contenus de ce type pullulent sur internet : un enfant sans main qui dessine avec sa bouche, un bébé sourd qui entend pour la première fois, un athlète qui court avec ses deux prothèses, etc. Ce sont souvent des vidéos qui deviennent virales et qui sont postées par des personnes valides qui instrumentalisent le handicap.

Une alimentation des clichés

La surexposition des personnes vivant avec un handicap de cette manière ne fait que renforcer le cliché “héroïque”. Elles n’ont pas à présenter ainsi, cela ne fait que les enfermer dans un effet “wow” dont elles ne veulent pas. À l’opposé de cela, certaines personnes pensent que les gens ayant un handicap sont moroses et peu joyeux. En gros le regard des autres les enferme dans deux extrêmes et on oublie que le handicap ne définit pas une personne.

Le validisme, une construction sociétale

Le validisme est structurel, puisque nos gouvernements font progresser les mentalités sur ce sujet. Ou pas 🙄… Puisque le 17 juin 2021, l’Assemblée nationale a rejeté une loi qui aurait pu changer un peu le quotidien des personnes en situation de handicap. Cette loi, c’était celle en faveur de la déconjugalisation de l’Allocation Adulte Handapé (AAH). C’est une honte qu’une telle proposition ait été rejetée, puisqu’elle aurait pu mettre fin à une dépendance financière totale 😡. En rejetant cette loi, on enferme les personnes ayant un handicap dans une case “d’incapacité”, ce qui n’aide pas à déconstruire la vision validiste.

Le progrès et le respect doivent donc, plus encore, venir de nous, en changeant le regard que nous avons sur le handicap 🤗. Plus on aura conscience du capacitisme, plus on aura conscience que l’on s’adresse à une personne, pas un handicap.

L'avis de la rédaction - Prendre du recul

On oublie bien souvent de prendre du recul. Lorsqu’on rencontre une personne ayant un handicap, on n’a pas à la faire sentir différente. On s’adresse à un être humain et notre comportement ne doit pas changer, sous peine d’infliger une violence psychologique. Si c’est une situation que vous vivez quotidiennement et que cela vous pèse, n’hésitez pas à en parler à un de nos psychologues.

🤗 Se comprendre, s'accepter, être heureuse... C'est ici et maintenant !

#BornToBeMe

Contacter un psychologue

Mais aussi :

Sources : marieclaire.fr / lemonde.fr / france24.com

Article proposé par Camille Lenglet

⭐ Mon rêve de bonheur : Me sentir libre dans ce que je fais.

Nos derniers articles

Je ne me sens plus désirée, comment faire monter la température ?

C'est l'été et la température va monter... du moins à l'extérieur, parce que chez moi, ce n'est plus trop ça. Quinze ans de relation ont fini par émousser le désir. Un bisou par habitude, une caresse par là et l'amour quand on y pense. S'il existe des relations platoniques et épanouies, je ne veux pas être de celles-ci. Je vais faire monter la température dans mon couple et je vais le faire maintenant ! 🔥

Comment reconnaître une personne psychorigide et comment réagir ?

“Il faut que tu fasses ça”, “Non, hors de question que tu y touches”, “c’est comme ça et pas autrement”. Ahhh, je n’en peux plus de ce genre d’injonctions ! Adieu la liberté, bonjour l’angoisse… Alors, non, ce n’est pas une maladie d’être strict, mais ça casse l'ambiance. J’ai pris l’habitude d’identifier les personnes psychorigides pour mieux m’adapter. Car oui, il y a une bonne façon de réagir face à ce genre de personnes qui nous disent quand respirer.

Comment faire 10.000 pas par jour en étant en télétravail ?

Chères toutes, je suis comme beaucoup d'entre vous, en ce moment je vis et travaille à la maison, sauf que cette année, j'ai décidé de rester en forme et donc de faire les 10.000 pas quotidiens recommandés pour les non-sportives, comme moi (6.000 pour les sportives) Je n'ai pas vraiment le moral et j'ai une activité sédentaire depuis chez moi... Mission impossible ? Pensez-vous !

Terreur nocturne : pourquoi les enfants et les adultes en souffrent ?

Se réveiller en hurlant et en sueur, ce n’est jamais agréable, que ce soit pour un enfant ou un adulte. Et c’est encore plus impressionnant pour l’entourage, tant pour les parents que le conjoint ! C’est ce qui s’appelle faire des terreurs nocturnes. Même si chez l’enfant, elle est plus répandue, cette parasomnie n’est pas anodine chez l'adulte. Il est important de comprendre les origines d’une terreur nocturne et ses symptômes pour la diminuer, voire la faire totalement disparaître.

Mutisme chez l’adulte : quand l’anxiété pousse au silence…

Il est étrange de rencontrer des adultes ne pas parler, alors qu’elles en sont physiquement capables. S'il n'y a pas de pathologie physique, cela s'appelle le mutisme. Personnellement, j’ai toujours été habituée à cette pathologie psychique, puisqu’un membre de ma famille a un mutisme sélectif. Si ce n’est pas quelque chose qui me surprend, je sais qu’en dehors du cercle familial, c’est perçu comme quelque chose de très étrange. Comment ce trouble de la parole se manifeste ? Quelle est son origine ? Comment soigner le mutisme ? Autant de questions que j'ai pu me poser plus jeune.

Amour ou habitude, comment savoir où on en est ?

J’aurais toujours voulu que mes histoires d’amour soient passionnelles. Cependant, je me suis bien vite aperçue que la vie n'est pas une comédie romantique. Je me souviens d’une de mes relations en particulier, il y a quelques années, où je me suis demandé : mais est-ce que je l’aime ? Ou ai-je simplement l’habitude de l’avoir dans mon quotidien ? Est-ce que j’ai peur de me retrouver seule ? Bref, vous l’avez compris, je me sentais un peu perdue. Je vous en parle.

Les podcasts Wengood

Des podcasts avec du bonheur dedans parce qu'il est temps de penser à soi ! Retrouvez nos podcasts en intégralité ici.

La science du bonheur : les secrets du bonheur [ Dr JEAN DORIDOT, Psychologue et hypnothérapeute ] 🥳

8 février · Wengood

9:13


Retrouvez-nous sur Youtube

Yoga, coaching, cuisine, rencontres etc... Bonnes vibrations en libre-service ! Allez hop, on s'abonne !

Retrouvez-nous sur Youtube