"Je suis accro au sport" : tout savoir sur la bigorexie !

Mis à jour le par Camille Lenglet

“Je suis une véritable accro au sport”. C’est fou comme cette phrase peut paraître anodine, voire positive dans notre société. Il est certain qu’elle est beaucoup mieux perçue que “je suis une véritable accro à la cocaïne” 😅. Pourtant, cela reste une addiction et elle peut avoir des graves répercussions. Sauf qu’elle est plus pernicieuse et qu’elle touche à d’autres troubles qui provoquent une grande souffrance psychologique. Être accro au sport, on appelle cela de la bigorexie et non, ce n’est pas une bonne nouvelle. Pratiquer une activité physique à haute intensité peut être réellement dangereux pour la santé. Alors parlons-en !

"Je suis accro au sport" : tout savoir sur la bigorexie !

Qu’est-ce que la bigorexie ?

On entend souvent qu’il faut bouger, parce que le sport fait du bien à l'esprit et aussi au corps. Et c’est le cas 🤗 ! Cependant, ce n’est pas parce qu'il est important de faire une activité physique, que ce n’est pas grave de trop en faire. 

Bertrand Guérineau, psychologue à l'Antenne Médicale de prévention et de prise en charge des Conduites Dopantes, explique qu’il y a beaucoup de confusion autour de la bigorexie 🤔. Beaucoup de personnes pensent que c’est anodin d’être addict au sport et c’est même valorisé, car le dépassement de soi est valeur importante dans notre société. 

Cependant, la bigorexie est comme toutes les autres addictions, elle est dangereuse, sans compter qu’elle est généralement liée à d’autres troubles 😥…

Une obsession pour le corps "parfait"

Les troubles du comportement alimentaire sont généralement en lien avec la bigorexie. En effet, les personnes qui sont accros au sport sont dans une “anorexie inversée”, d’après le psychologue. La personne va avoir recours à l’alimentation, uniquement dans le but de prendre de la masse musculaire. Certes, ce n’est pas une anorexie mentale classique, mais il y a un problème de comportement alimentaire et d’image corporelle.

Lorsqu’on est atteinte de bigorexie, c’est parce qu’on est dans la recherche du corps parfait. La motivation sportive principale, c’est de faire fondre la graisse et de sculpter les muscles. Le sport n’est plus considéré comme un plaisir, mais comme une obligation pour rentrer dans ce culte de la perfection 😞.

Et côté endorphines : Est-ce qu’elles peuvent contribuer à la bigorexie ? 

Oui et non. Selon Bertrand Guérineau, la sensation de bien-être liée aux hormones peut légèrement contribuer à cette addiction pour le sport, mais ce n’est certainement pas le but premier.

Êtes-vous concerné ?

Il est très difficile de s’apercevoir seule que l’on souffre de bigorexie. Même l’entourage a du mal à la détecter, car la personne est obligée d’ingérer des aliments pour pouvoir pratiquer une activité physique. C’est une anorexie comportementale et non restrictive qui floute les traces du trouble alimentaires. Par ailleurs, on associe souvent l’orthorexie à la bigorexie. Il s’agit de la volonté de manger toujours une nourriture dite “saine” et de rejeter les aliments perçus comme mauvais pour la santé 🥦.

Il n’est pas possible de se référer à une courbe de poids "basse", associée à l'anorexie, pour détecter la bigorexie. Il faut observer les répercussions sur la vie personnelle et professionnelle de la personne. 

👉 La bigorexie peut en effet conduire à :

  • Un repli sur soi et un isolement social,
  • Tout sacrifier pour le sport,
  • Une perte d’intérêt pour tout ce qui ne touche pas au sport,
  • Une perte d’argent (investi dans divers produits, abonnement sportif, équipements…),
  • De l’irritabilité ou de la culpabilité quand l’activité sportive n’est pas pratiquée,
  • Mentir sur son activité physique (pour cacher l’intensité notamment),
  • Un manque de recul sur les conséquences de cette pratique intensive sur la santé.

Quelles sont les conséquences ?

Être accro au sport, c’est comme l’addiction sexuelle, la toxicomanie, l’alcool...  Il y a les mêmes conséquences sur le comportement et la vie de la personne, comme le précise le psychologue. Et au-delà des problèmes psychologiques, il ne faut pas oublier que le corps peut aussi souffrir lui aussi. La pratique très intense du sport peut en effet conduire à :

  • L’épuisement du corps,
  • Des fractures de fatigue,
  • Des déchirures musculaires,
  • Des tendinites,
  • Et dans les cas les plus graves, à un infarctus 💔…

Une femme dans son canapé

Abuser de la pratique sportive, ce n’est certes pas bon. Cependant, être sédentaire peut avoir aussi de graves conséquences sur la santé. Pourtant nous sommes 95% à ne pas assez bouger

Comment sortir de la bigorexie ?

Le principal problème, c’est que notre société a associé minceur, sport et bonne santé. Il y a une valorisation de la pratique sportive et il y a un culte du corps parfait. Les femmes sont particulièrement touchées par ce phénomène, notamment à cause de toutes les injonctions qui pèsent sur nos corps, du "male gaze" et de la société patriarcale 👎. Nos corps doivent plaire et avoir une plastique la plus irréprochable possible, ce qui nous conduit aux troubles du comportement…

👉 Il est donc important, pour la personne atteinte de bigorexie, de faire un travail sur cela et à se détacher de ses croyances erronées. La thérapie cognitive et comportementale est la plus adaptée à la bigorexie, mais encore faut-il que la personne comprenne qu'il faut qu'elle consulte un thérapeute 😣...

Accompagner en douceur

Il est effectivement rare que les personnes dépendantes au sport, consultent un psychologue par elles-mêmes. Difficile de s'apercevoir que notre comportement n'est pas sain, quand il est valorisé par la société 😓... Elles finissent par aller voir un médecin, lorsque le corps manifeste des signes d'épuisement graves, par exemple, des articulations très douloureuses ou des fractures. Néanmoins, il serait bien qu'il y ait automatiquement une prise en charge pluridisciplinaire et que le corps médical soit assez sensibilisé à la bigorexie pour pouvoir la détecter. Les spécialistes dans le domaine sportif doivent être tout autant alertés pour veiller à un accompagnement sain. 

Enfin, si on s'aperçoit qu'un membre de notre famille est accro au sport, au point d'en souffrir, il est peut-être possible d'instaurer un dialogue en douceur. Le plus important est de ne pas brusquer la personne et d'être à son écoute pour qu'elle puisse se sortir véritablement de cette dépendance.

L'avis de la rédaction : une réelle addiction 

On peut se dire qu'être accro au sport, c'est cool, c'est mieux que la cigarette ou l'alcool mais attention, cela n'en est pas moins une addiction comme une autre, ce qui peut engendrer de sérieux problèmes. Si vous pensez en souffrir, n'hésitez pas à prendre rendez-vous avec un psychologue afin de faire le point sur votre rapport au sport et mettre en place de nouvelles habitudes plus heureuses.

🤗 Se comprendre, s'accepter, être heureuse... C'est ici et maintenant !

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Mais aussi :

Source : Livre "Les Secrets de la micronutrition" de Bertrand Guérineau // "La Bigorexie, ou l'addiction au sport: Mieux comprendre cette addiction "positive"" de Fabian BRIQUET, Edgar BOULE, Lise BOYER 

Article proposé par Camille Lenglet

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