Comment gérer l’anxiété face à la guerre en Ukraine ?

Mis à jour le par Lauriane Amorim, rédactrice pour Wengood

Guerre. Depuis des mois j’entends et je me répète ce mot. C’est un cauchemar. Le simple fait de l’écrire me paraît irréaliste. Les lettres s’affichent, mais le mot ne s’imprime pas dans mon esprit. Pourtant, je la vois, elle est là, tout proche : la guerre. Il y a les morts et l’exode, les enfants terrifiés qui pleurent, les mères inquiètes et celles et ceux qui se battent. Il y a les menaces et les espoirs perdus. Tout ça à notre porte avec l’impression horrible de ne rien pouvoir faire, mais que le moindre mauvais geste pourrait tous nous faire sombrer. Comment peut-on encore vivre sereinement, alors qu’en Ukraine, à côté, la guerre nous regarde dans les yeux et que les menaces nucléaires se multiplient ?

Comment gérer l’anxiété face à la guerre en Ukraine ?
Sommaire :

Une situation choquante et inédite

Je me lève et tout est calme. Chez moi, tout le monde dort encore. Dehors un chien aboie, un camion poubelle passe comme si de rien n’était et je me surprends à maudire la vie parce qu’il n’y a plus de café. Le chaos est interne, j’ai peur, je suis angoissée, j’ai la sensation qu’un yoyo joue tout seul dans ma gorge et que des milliers de doigts palpent mon cerveau qui se répète des mots comme : arme de dissuasion, condamnation, sanction, mobilisation générale, fuite, mort, et j’en passe 😱 😱. Tout ça, ce n’est pas chez moi, mais c’est juste à côté, je ne peux pas le contrôler, mais je pourrais y participer. C’est anxiogène, c’est compliqué à vivre, mais je ne souffre pas... pas véritablement en tout cas. Comment fait-on pour se dépatouiller avec tous ces sentiments au milieu d’une situation si choquante et inédite ?

anxiété guerre en Ukraine"Le chaos est interne, j’ai peur, je suis angoissée, j’ai la sensation qu’un yoyo joue tout seul dans ma gorge et que des milliers de doigts palpent mon cerveau."

🎤 Marion Thihy, coach, nous explique en podcast comment parler de la situation aux enfants

La situation en Ukraine m’angoisse, qu’est-ce que je peux faire ?

Nous sommes sans doute nombreuses à être dépassées par la crise ukrainienne. Cette façon de subir l’actualité est extrêmement choquante. Comme pour chaque conflit, nous avons l’impression que nous ne pouvons que regarder souffrir des femmes, des hommes et surtout des enfants qui n’ont rien demandé. Alors, notre anxiété augmente. C’est bien normal, nous avons peur, nous sommes dans l’inconnu et il faut se le répéter : c’est normal dans cette situation de ressentir de l’anxiété et de l’angoisse. C’est normal ! Inutile donc d’ajouter à ça de la culpabilité. Dans la vie, on peut tout relativiser, chaque situation est pire qu’une autre, mais nier ses émotions ne les a jamais empêchées d’exister. Bien au contraire.

1. Se détacher

Je ne sais pas si je suis comme tout le monde ou un tantinet plus maso, mais en cas de crise, je deviens accro aux chaînes d’info. Au début de la crise covid, je faisais tellement de crises d’angoisse que j’ai dû bloquer les notifications d’actualités sur mon téléphone. Quand le week-end dernier je ne me suis retrouvée à faire des listes mentales de ce que je devrais emporter avec moi si je devais quitter ma maison, j’ai décidé d’éteindre la télé et de faire une pause avec les réseaux sociaux. Plus précisément, je fais des pauses. Hors de question de faire l’autruche, de m’exclure du monde, de son actualité et de faire comme si tout ça était très loin ou n’existait pas. Mais plutôt que de pleurer 10 fois par jour devant le même témoignage de fuite qui passe en boucle, je choisis de ne m’informer que pendant quelques instants par jour.

En parlant d’informations, attention aussi aux fake news, qui peuvent elles aussi générer beaucoup d’angoisse et autres sentiments négatifs. En général, évitez de relayer des informations et si vous le faites, vérifiez le contenu de ce que vous partagez.

2. Parler, se faire aider

J’ai tendance à souffrir d’éco-anxiété, de politico-anxiété et alors que la crise sanitaire semblait toucher à sa fin, je pensais n’avoir qu’à stresser au sujet du second tour de l’élection présidentielle. Vladimir Poutine en a décidé autrement. Et voilà, je n’ai rien demandé et j’ai peur de mourir d’une bombe nucléaire. L’invasion en Ukraine a sonné la fin de mes espoirs, j’ai du mal à me projeter. J’imaginais avoir un autre enfant et j’imagine maintenant les horreurs que mon fils va lire dans son livre d’Histoire. J'ai la sensation absurde d'être bloquée dans un présent anxiogène 😨.

Cette guerre s’ajoute à la fatigue générale que nous étions déjà nombreuses à ressentir, alors c’est normal d’aller mal. Nous sommes épuisées et en plus nous sommes en pleine incertitude alors il faut parler. Pas de fausse pudeur ! Nous avons besoin d’échanger sur le sujet, de parler de nos craintes, de notre stupeur. C’est un moyen de faire face, de ne pas garder tout ça en nous et aussi, quelque part, une façon de créer du lien entre nous. Et si vous n’osez pas vous confier à vos proches, les psychologues et autres thérapeutes peuvent vous aider à calmer et à gérer votre anxiété. Une chose est sûre en tout cas, il faut parler de ce qu’on ressent.

>>> Cet article va vous intéresser : Vivre sans se projeter : Est-ce que le Carpe Diem peut être nocif ?

3. Apporter son aide

Enfin, se montrer solidaire est aussi un moyen de protéger sa santé mentale et de mettre son angoisse en sourdine. Le repli sur soi n'aide pas. Pas à long terme en tout cas. On peut alors faire le choix de participer aux différentes actions solidaires qui se mettent en place. Collectes de dons, accueil de réfugiés, manifestations, etc. des initiatives sont mises en place et la solidarité fait plus de bien qu'on ne l'imagine. Si vous culpabilisez face à l'angoisse que vous ressentez, c'est que vous manifestez de l'empathie, utilisez-la à bon escient. S'engager et aider, c'est aussi une façon de s'unir aux autres et de recréer une forme de paix en somme 😊.


Si vous ne savez pas comment aider, le site France Bleue a créé une super carte qui répertorie les différentes actions auxquelles vous pouvez participer à côté de chez vous.

aider crise Ukraine

Aider pour se sentir utile et aussi pour préserver sa santé mentale et oublier l'anxiété.

Si la situation vous empêche de trouver le sommeil essayez ses 3 exercices de méditation pour s’endormir. Le bodyscan ou scan corporel est particulièrement efficace pour calmer une anxiété ou une crise d’angoisse, à n’importe quel moment de la journée.

L'avis de la rédaction : c'est normal de stresser !

S'il y a bien une chose à retenir, c'est que c'est normal de stresser, d'angoisser et de se demander quel monde connaîtront nos enfants. Ceux qui vous disent ne pas être au courant ou pas touchés par la situation adoptent simplement une autre stratégie (👋 coucou les mécanismes de défense). Les conseils de Lauriane devraient vous permettre de retrouver un peu de calme et de sérénité mais si vous continuez de ressentir une angoisse profonde, que vous en perdez le sommeil, n'attendez pas pour consulter un psychologue.

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Contacter un psychologue

Et en cas de crise : 7 astuces pour calmer efficacement une crise d’angoisse

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