Ligatures des trompes : un parcours du combattant qui ne devrait pas en être un

Mis à jour le par Camille Lenglet

Je ne sais pas si un jour je voudrais un enfant. Je doute beaucoup, contrairement à certaines femmes qui sont sûres de ne pas ou de ne plus vouloir d’enfants. Pour éviter de prendre un contraceptif, certaines font le choix de se ligaturer les trompes. Une opération autorisée en France, mais qui relève du véritable parcours de combattant quand on se lance dedans… Explication.

Ligatures des trompes : un parcours du combattant qui ne devrait pas en être un
Sommaire : 

Qu’est-ce que la ligature des trompes ?

La ligature des trompes est un acte chirurgical appelé salpingectomie. Il s’agit de couper les trompes de Fallope pour ne pas ou ne plus tomber enceinte. En France, la demande des femmes est grandissante, la stérilisation définitive est une solution ultime, voire une délivrance. De nombreuses raisons peuvent nous pousser à vouloir cet acte chirurgical : une difficulté à trouver une contraception qui convienne ou le poids de la charge mentale à ce propos, l’absence de désir d’enfant, l’écoanxiété sur la maternité, etc.

👉 Bon à savoir : la ligature des trompes n’a malheureusement pas d’impact sur les règles. Ce n’est pas une solution pour des règles douloureuses par exemple.

Appareil génital de la femme

L'opération consiste à couper les trompes de Fallope pour ne plus tomber enceinte.

L’ablation des trompes autorisée par la loi

En France, nous pouvons nous faire ligaturer les trompes légalement depuis 2001. Que l’on soit maman ou non, tant qu’on est majeures et surtout, peu importe nos motivations, on en a le droit 👍. Il y a une seule obligation : celle de respecter un délai de réflexion de 4 mois entre la demande signée et la prise de rendez-vous pour faire la salpingectomie.

Par contre, même si elle est autorisée, les médecins ne sont pas obligés de la pratiquer 😅… C’est la clause de “conscience” qui n’oblige pas un gynécologue à faire une ligature des trompes à visée contraceptive. Normalement, on doit être réorientée vers un autre médecin pour une continuité des soins, mais en pratique, ce n’est pratiquement jamais respecté...

Pourquoi est-ce qu’il est compliqué de faire une salpingectomie ?

En France, seules 4.5% des femmes ont eu recours à la salpingectomie contre 11% au Canada et 22% aux Etats-Unis. Beaucoup de femmes témoignent en livrant les prétextes des médecins qui refusent l’opération 🤦‍♀️. Certains disent qu’il faut avoir au moins 37 ans et 4 enfants, d’autres disent qu’on va changer d’avis, que l’on est trop émotive ou qu’il est injuste de se faire ligaturer les trompes quand d’autres femmes sont stériles…

En bref, c’est une multitude d’arguments horribles, faux et culpabilisants. Le médecin Dr Sami Haddad explique que le débat éthique a déjà eu lieu et que les médecins doivent respecter notre volonté. Cependant, le caractère “irréversible” de l’opération et le risque de regrets sont toujours mis en avant par les médecins réfractaires 😖.

L’alternative à la ligature des trompes

Quand on est en couple, on peut envisager une autre possibilité : la vasectomie. Beaucoup plus rapide, moins risqué et réversible, les hommes ont la possibilité de ne plus être fertiles. Surtout qu’ils le sont tout le temps, tandis que nous sommes fertiles une fois par mois 🙄. Certaines femmes finissent par demander à leur conjoint de la faire, puisque généralement les médecins sont beaucoup plus enclins à faire une vasectomie.

Néanmoins, beaucoup d’hommes refusent encore la vasectomie par peur d’une atteinte à leur virilité. En France, cette opération est très marginale puisqu’il y a 5 fois plus de femmes stérilisées que d’hommes, alors que la salpingectomie est plus complexe comme opération…

Le respect de notre choix de maternité

La vasectomie est une solution secondaire, car le problème reste la liberté de notre choix sur la ligature des trompes. Aujourd’hui nous sommes censées pouvoir faire le choix de la maternité ou non. Enfin… Difficile de se dire que c’est vraiment le cas quand on entend encore et toujours “c’est pour quand les enfants ?” 🤯. Il y a un véritable problème qui vient du système patriarcal où une femme doit être mère. La procréation n’est pas l'une de nos fonctions essentielles ! On peut toutes faire un jour un mauvais choix et être dans le regret, mais cela reste notre choix. Personne d’autre n’a à influencer ou à entraver notre décision, surtout concernant le désir de non-maternité.

⚠️ Il s’avère qu’une femme qui a les trompes ligaturées, peut tout de même avoir recours à la fécondation in vitro (FIV) ou à la reperméabilisation tubaire pour quand même être enceinte. Seulement, ce sont des informations qui ne circulent pas... Seules 0,5% des femmes opérées ont cherché à obtenir une grossesse. En plus, ce chiffre ne dit pas si ça a été un choix contraceptif ou médical, si ça se trouve, cela ne concerne que les femmes qui ont dû être opérées pour raison médicale.

La stabilité psychologique

Dans le peu de chirurgiens qui pratiquent l'ablation des trompes, certains demandent un certificat psychologique pour être sûrs que l'on ne souffre pas d'un choc émotionnel ou psychologique. Comme si le non-désir d'enfants pouvait être une maladie mentale 😤. Johana Rozenblum, psychologue, dit qu’il est bien de suggérer un potentiel suivi psychologique si besoin, mais le professionnel ne peut en aucun cas donner une autorisation à la patiente de se faire opérer. En bref, on marche encore sur la tête pour cette opération qui devrait être à la portée de toutes... Notre corps, notre choix ✊ !

L'avis de la rédaction : my body, my choice

Le rapport au corps, à la maternité, touche à l'intime et donc, ne se discute pas. "My body my choice" comme disent les ricains. Et si votre décision est mal reçue par votre entourage, que vous souffrez des réflexions que l'on peut vous faire, n'hésitez pas à contacter un psychologue afin d'en discuter ensemble.  

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Source : slate.fr

Article proposé par Camille Lenglet

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Les commentaires

Je ne suis pas tt à fait d’accord avec le combat pour faire disparaître ses trompes… cette chirurgie prends 15/20min pour un chirurgien expérimenté, pour 45min de préparation ( induction /pose des champs stériles/transfert vers la salle de réveil) Ce qui est vrai , c est qu’il y a des papiers à faire avec son gynécologue ou son médecin traitant,un délais de réflexion non compressible( c est la loi) , un RDV avec un chirurgien gynécologue, une prévision pour le geste chirurgical, pratiqué sous anesthésie générale, un RDV avec un anesthésiste et prévoir un arrêt maladie de 15j/3semaines . Ce qui est vrai, c est que la vasectomie peut entraîner des troubles de l’éjaculation( dite ejaculation retrograde et il paraît que c est l’enfer de la douleur pour l’homme ) que ce geste en France n’est quasi pas remboursé par la sécurité sociale … et de fait même ,si simple , peu pratiqué. Si on s’adresse à un ChU avec une spécialité gynécologique, il semble improbable que la salpingectomie soit refusée quelque soit l’âge de la patiente, d autant que la technique fait ses preuves vis à vis des risques de cancer de l’ovaire. Enfin, oui , même si on a une salpingectomie, on reste fertile, l’imprégnation hormonale est parfaite, on a ses règles et tout et tout … et donc , on peut quand même changer d’avis ( merci la FIV) Les cultures médicales sont différentes dans chaque coin du globe . C est dommage de les citer. Si un médecin ne répond pas aux demandes de la patiente, le mieux est de changer de médecin ! C est un parcours facile la stérilisation de la femme . Avec ou sans enfants !!! Ainsi je me permets ce petit post , Et pour couronner le tout , je suis une jeune mariée sans enfants , avec un mari sans enfants … Merci de ce post bien écrit … mais à mon sens incomplet Au plaisir de vous lire Amélie

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