Parents au bout du rouleau, gare au burn-out maternel et parental

Mis à jour le par Lauriane Amorim, rédactrice pour Wengood

Burn out. Lorsqu'on entend ces mots, on pense au milieu professionnel. L'épuisement physique et émotionnel, l'agacement, l'impression d'être submergée, l'envie de rien, le stress continu et la perte de confiance en soi touchent aussi les parents. Lorsque la pente est raide et qu'elle conduit droit à une descente aux enfers, on peut parler de burn out parental et il peut conduire à la dépression. La mère est la candidate idéale, alors pas de culpabilité, une prise de conscience et on se fait aider.

Parents au bout du rouleau, gare au burn-out maternel et parental

Des journées insurmontables

Le burn out maternel commence souvent par un quotidien trop lourd à porter. Un, deux, trois enfants ou plus, plus ou moins en bas âge, à gérer en plus de sa vie professionnelle et/ou de ses activités. Mère au foyer ou pas. Mère célibataire ou pas. Le burn out maternel peut toucher toutes les mamans.

6h30, au réveil, c'est déjà la course. Le mari est là, mais presque déjà parti. 7h, on se retrouve seule avec une chaussure dans la poche, pas la nôtre. Un manteau à moitié mis, pas le nôtre. Des cheveux à coiffer, pas les nôtres. On jette tout ce beau monde chez la nounou avec la culpabilité au ventre. Pas eu le temps de changer la couche de Marius avant de partir et Jeanne a une tache sur sa jupe. Et puis il y a eu les au revoir, très (trop) brefs. Ils s'en remettront. Et maintenant il faut vaquer à ses occupations.

18h, retour à la maison. Une maison ? Un capharnaüm où se bousculent en vrac des jouets, des vêtements, des biscuits et des produits de toilette. Sans parler de la poussière. 5 jours sans pouvoir passer le balai. Papa n'est toujours pas là. Il travaille à se fabriquer son propre burn out. Ça aussi c'est angoissant. Et ce soir, comme tous les soirs, la course reprend, avec un seul objectif : 20h, tout le monde au lit. Mais avant, on enchaîne, telle une machine, les bains, les repas, les cris, les pleurs, les colères, les "j'aime pas ça", "je veux pas dormir", les histoires du soir et les bisous. La porte de la chambre est à peine fermée que l'on fond en larmes.

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Je déteste mes enfants

Impossible de dire quand tout ça a commencé. Ça s'est installé petit à petit, entre l'envie de bien faire, le bruit, l'agitation, la solitude et le manque de reconnaissance. Tous les soirs allongée dans mon lit, je voyais défiler la liste de mes responsabilités, ménagères, financières, éducatives et affectives. Je devais répondre à toutes les sollicitations, gérer les crises, tout ça avec les larmes aux yeux et une immense envie de dormir. J'en venais à détester mes enfants. Leurs demandes (exigences) ubuesques, leurs cris stridents, leurs pleurs exaspérants et leurs demandes d'attention permanente. J'étais devenue une machine. Je n'avais pas le choix, mon mari travaillait trop, j'étais souvent seule avec eux, je devais gérer coûte que coûte. Chaque bisous, chaque remarque, chaque geste était fait sans envie, sans âme et sans cœur. Parfois quand ils jouaient, je m'allongeais par terre, épuisée, ils me tournaient autour, m'interpellaient. Je ne répondais pas, j'aurais voulu leur hurler dessus. Je me sentais nulle de les trouver odieux, je pensais que c'était ma faute s'ils manquaient d'empathie, s'ils n'étaient pas plus calmes. Puis, je tournais la tête, mon regard tombait inévitablement sur le tas de linge sale et je me retenais pour ne pas partir en courant.

Le constat

Un soir, ma mère m'a appelée pour me dire qu'elle s'était bloquée le dos. Impossible de garder les enfants l'après-midi suivant. Je suis tombée, littéralement. Impossible d'avoir la moindre compassion pour ma mère. Cet après-midi c'était mon obsession depuis des jours, le moment que j'attendais plus que tout. Je ne voulais pas croire que j'allais être forcée de m'en passer. Je les détestais tous, je haïssais ma vie, je me sentais à bout de force. J'ai craqué ou plus exactement, j'ai explosé. Tout est sorti d'un seul coup. Je hurlais, pleurais, frappais les murs, peinais à respirer. Mon mari était choqué, il n'avait pas vu à quel point j'allais mal et c'est lui qui a pris rendez-vous, pour moi, avec mon médecin traitant. Cette dernière m'a conseillé de voir un thérapeute et m'a prescrit des antidépresseurs. Je suis tombée de haut. Jamais je n'avais pensé être si fragile que ça. C'était un échec pour moi. Mais finalement, entre séances avec le psy et groupe de parole avec d'autres mères, j'ai fini par remonter la pente et cesser les antidépresseurs.

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Tuer le mythe de la mère parfaite

Encore aujourd'hui, en tant que mère, il est difficile de dire que ça ne va pas, que l'on n'est pas heureuse et que l'on déteste sa vie. Une mère doit être heureuse, car les enfants apportent du bonheur. Sauf que, lorsqu'on ne ressent pas du tout ça, la pression et la culpabilité sont encore plus fortes. Ce mythe de la maternité heureuse nous empêche de nous confier et nous enferme dans une profonde souffrance quand, chez nous, c'est le stress, la fatigue et l'épuisement qui priment. Nul besoin d'en arriver au burn out parental pour se sentir dépasser, alors comment on gère ?

1. On apprend à connaître ses limites

Fatigue, nervosité, hop on lève le pied et on en fait un peu moins. Soit en se faisant aider, à la maison comme ailleurs, soit en apprenant à lâcher prise.

2. On apprend le lâcher-prise

En tant que mère, revoir ses exigences à la baisse c'est essentiel ! Si les enfants ne prennent pas un bain tous les jours, ce n'est pas grave. S'ils mangent avec leurs doigts un repas qui n'est pas fait maison, ce n'est pas grave et s'ils vont chez la nounou avec un vêtement sale ou trop petit, parce que le tas de linge sale n'a pas trouvé le chemin jusqu'à la machine à laver, tout le monde s'en remettra.

3. On se confie et on délègue

Au partenaire, aux parents, à une baby-sitter, à un psy, à son médecin, à une sage femme, etc. Il ne faut pas avoir honte et mieux écouter ses émotions. Ce n'est pas grave d'aller mal et d'en avoir marre, ce qui est grave c'est de ne pas se faire aider. Essayez aussi de trouver du temps qui ne soit qu'à vous, pour vous détendre et vous relaxer. Personne ne vous en voudra de revenir plus épanouie.

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L'avis de la rédaction - Quels sont les symptômes du burn out parental ?

Pour pouvoir bien se soigner, il est indispensable de pouvoir reconnaître les signes d'un burn out

1. Vous vous énervez souvent
Même s’il est normal d’avoir des disputes dans le cadre familial, vous vous rendez compte que vous vous énervez plus qu’avant. Chaque geste et mot de votre conjoint ou de vos enfants vous agacent.
2. Vous êtes épuisés
Vous avez l’impression de ne pas avoir rechargé vos batteries même après une bonne nuit de sommeil ou au contraire vous faites face à des insomnies.
3. Vous êtes moins motivés
Vous réalisez vos tâches quotidiennes avec un certain mécanisme, vous ne réfléchissez plus et vous le faites sans envie. Vous devez vous libérer de cette charge mentale.
4. Vous perdez confiance en vous
Vous vous comparez aux autres parents qui ont l’air de parfaits. Ils réussissent à prendre soin d’eux, à aller au travail, à jouer les enfants, à faire les courses, à faire le ménage et tout ça dans la même journée… Impensable pour vous. Vous perdez confiance en vous, vous vous dévalorisez. Et pourtant sachez que vous n’êtes pas seuls !
5. Vous avez des trous de mémoire
Vous oubliez de plus en plus souvent des rendez-vous médicaux, des anniversaires ou des rendez-vous avec vos proches. Attention, c’est un grand signe d’épuisement !

Et enfin, le burn out parental est souvent vécu comme un passage à vide. Quel que soit l'âge de vos enfants, il est possible qu'ils aient, eux aussi, pris conscience de ce moment délicat et pénible et qu'ils l'aient, plus ou moins, mal vécu. Quand ils seront assez âgés, n'hésitez pas à parler de cette période avec eux. Ce sera l'occasion de leur montrer qu'une vie d'adulte, de parent et de mère (au foyer ou pas) n'est pas si facile que ça.


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