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Tutoiement au travail : attention danger !

Si certains salariés sont favorables à des relations professionnelles plus décontractées en employant le « tu », d'autres préfèrent maintenir une certaine distance via le « vous ». Pourquoi ? Parce que le tutoiement possède ses limites et ses pièges et met parfois en jeu les relations au travail. Il est vrai qu'avec le "tu" la perte de repères peut parfois être déstabilisante, alors comment s'y retrouver et éviter les impairs ? Explications.

  Sommaire


Un peu d'histoire...

Considéré sous l'Ancien Régime comme grossier, le tutoiement arrive via les révolutionnaires français, qui vont imposer l'usage du tutoiement comme pratique égalitaire et expression du lien universel unissant tous les citoyens français, quel que soit leur métier, fonction ou position hiérarchique et en publiant un décret sur le tutoiement obligatoire le 8 novembre 1793. Cette pratique disparaîtra sous la Convention thermidorienne (1794/95) et le « tu » sera réservé à l’extrême intimité ou à la fréquentation des maisons closes.

Au cours du XXe siècle, on assiste au passage du Vous au Tu, largement influencé par la littérature et le cinéma avec la célèbre réplique de Jean Gabin en voyou à Michèle Morgan la bourgeoise bien élevée « T’as d’beaux yeux, tu sais », auquel elle répond : « Embrassez-moi » - puis, après le premier baiser :« Embrasse-moi encore ». La génération 68 a bousculé les codes, de même que la déferlante anglo-saxonne où un simple « You » suffit, indifféremment à qui l’on s’adresse. 

Tu ou vous ? C'est selon la culture d’entreprise

Les relations au travail sont soumises à des codes. L'emploi du tutoiement ou du vouvoiement entre collègues ou entre supérieurs et subordonnés en est un. Quand on arrive dans une entreprise, il faut tenir compte des us et coutumes de l'entreprise ou du secteur. Dans le doute et en l'absence d'indication claire, il est préférable de dire « vous » et d’attendre l'invitation de passer au « tu ».

Le « tu » : une certaine proximité

Le Tu et le Vous sont des outils linguistiques qui permettent de gérer la proximité et la distance. Ils expriment les stratégies plus ou moins conscientes au sein des groupes de travail ;  si le "Vous" distancie, le "Tu" déformalise.

Le « vous » : prise de distance

Le pronom "Vous" indique la distanciation, indispensable dans les rapports professionnels, et apparaît toutefois plus raffiné, mais cette extrême politesse peut devenir goujaterie lorsqu’une jeune assistante s’est obstinée à vouvoyer sa supérieure qui lui a fait remarquer qu’elle lui renvoyait une image de femme d’âge mûr… 

Le « tu » implique un rapprochement psychologique qui peut apparaître comme de la manipulation, en donnant l'illusion d'une amitié. Entre un « vous » qui impose une distance et un « tu » parfois forcé, il n'est pas toujours facile de choisir. Les tendances le font pour nous...

Le « tu » : un effet de mode

L'objectif des entreprises aujourd’hui est de créer de la proximité entre les salariés, d'établir une ambiance de travail moins formelle, plus décontractée, de favoriser l'esprit d'équipe et le sentiment d'appartenance. Aujourd’hui, le « tu » est donc à son apogée et devient une mode. Il donne une image dynamique des entreprises qui l’utilisent. 

Avec l'aplatissement des hiérarchies et le travail transversal, le « tu » construit et renforce la cohésion. Attention cependant, le vouvoiement est indispensable dans certains secteurs professionnels (santé, banques,… etc.)

Le piège du « tu » : quand les relations sont en danger

La familiarité sous-entendue par le "Tu" contribue paradoxalement à compliquer les relations et peut créer un mal-être au travail. Son utilisation n’est jamais anodine ! Tutoyer quelqu'un donne l'impression d'adoucir la relation et d'éviter tout conflit. Mais tutoyer son supérieur ne doit pas faire oublier sa position de chef qui saura vous remettre à votre place dès lors qu’il aura une remarque à vous faire.

De même, certains salariés peuvent se sentir moins à l'aise pour réclamer une augmentation de salaire ou de meilleures conditions de travail à un directeur qu'ils tutoient. Dans un autre exemple et dans une relation client-fournisseur, à moins d'être devenus proches au fil du temps, passer du « vous » au « tu » risque de conférer à la relation une dimension affective qui pourrait devenir problématique.

Quelques conseils pratiques

1. Évitez de passer du tutoiement ou vouvoiement et aller-retour

A la suite d’un conflit, chacun reprend ses distances et l’on se re-vouvoie. Cela veut dire que c’était un faux « tu », créant un plus grand malaise. Cela souligne aussi comme un signe de faiblesse parce qu’en difficulté la personne se réfugie derrière le « vous » car elle perd pied. Il faut savoir prendre son temps : le « tu » est un chemin de non-retour.

2. Choisissez ce qui vous convient le mieux

Énoncez votre difficulté au tutoiement et conservez l'expression qui vous est la plus naturelle... quitte à la faire évoluer avec le temps est la meilleure des solutions… Mais il est également possible de vouvoyer et d'appeler l'autre par son prénom, ce qui constitue une solution intermédiaire de rapprochement. 

Vous savez maintenant tout de l'art et la manière d'utiliser le « vous » ou le « tu » en entreprise !


L'avis de la rédaction : « tu» ou « vous », un choix personnel 


Décider de tutoyer ou de vouvoyer un collègue ou un chef doit se faire naturellement, ne vous forcez pas et surtout, n'imposez pas votre loi aux autres ! Certaines personnes ne supportent pas d'être tutoyées, vous connaissez l'histoire : la liberté des uns commence là où s'arrête celle des autres...

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Par . La rédaction Wengood

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