Infantilisation au travail : la source d'un mal-être

L'infantilisation au travail est l'une des raisons qui pousse les employés à quitter une entreprise. Le phénomène d'infantilisation est d'autant plus important en cette période de Covid, avec à la clé, mal-être des salariés, baisse de performance, démotivation et doutes sur les compétences managériales… Et si on se parlait enfin comme des adultes ?

Infantilisation au travail : ordres, contrôle, jeux, etc.

L'infantilisation au travail passe par plusieurs biais mais tous produisent le même effet : donner au salarié l'impression qu'il n'est pas digne de confiance et doit être traité comme un enfant.

L'autonomie. C'est l'un des éléments qui favorise le plus le bien-être en entreprise. Avoir la liberté de faire le travail pour lequel on a été embauché et avoir assez de confiance pour prendre des responsabilités, proposer des idées et réussir ou se tromper. L'infantilisation vient gâcher tout ça. 

A grand coup de micro-management, de reportings et de remarques rabaissantes, l'entreprise et les managers finissent par traiter leurs employés comme des enfants irresponsables qu'ils faut suivre à la trace et remettre sur les rails, si ce n'est dans le droit chemin. 👉 Résultat, un manque de confiance si flagrant que le salarié finit par perdre lui-même confiance en lui.

"C'est moi le chef, c'est moi qui décide !"

Voilà qui ne pourrait être plus infantilisant. Quand on est enfant, pas le choix, on doit accepter les règles imposées, mais quand on est salarié, les rapports devraient se faire d'adulte à adulte. Pas moyen de discuter donc ? Il semble que non, et c'est bien là tout le drame. 

Avec la pandémie, toute l'entreprise semble avoir perdu confiance en elle. Les managers doivent se sentir rassurés dans leur travail et contrôlent tout ce qui peut l'être (travail, planning, horaires, etc.), la surveillance est accrue même en télétravail, durant lequel les outils de reporting se sont développés à vitesse grand V. Si l'on n'a plus les employés sous les yeux, les mesures de contrôle doivent donc se renforcer… même si ce n'est qu'un petit coucou envoyé par chat dans la joie et la bonne humeur ! Et nous perdons tous joyeusement du temps et de l'efficacité à nous comporter comme des enfants, afin de satisfaire un chef qui ne s'apaise que lorsqu'il a le sentiment de tout contrôler.

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Pas de créativité sans autonomie 

Depuis notre plus tendre enfance, nous avons appris à respecter la hiérarchie. Tout dépend de notre rapport à l'autorité, mais la plupart du temps on suit les ordres, par envie, par facilité, peu importe, on évite de sortir du rang, de poser des questions, de critiquer. Sauf que là aussi le bât blesse. 

La créativité réclame une ambiance particulière : il faut pouvoir se sentir libre, donc autonome et pouvoir compter sur la bienveillance de ceux qui nous entourent. Si je suis managée par la peur ("Faites ce que je vous demande de faire sans discuter", "Faites-moi voir votre planning", "Je veux un suivi à la fin de chaque semaine", "Si tu ne réussis pas tu n'auras pas de prime.") impossible de laisser ma créativité germer et encore moins s'exprimer. L'organisation de l'entreprise est ainsi faite qu'il y a une hiérarchie, c'est ainsi, je ne sais pas si c'est bien ou mal, c'est ainsi, certains doivent diriger, mais il faut ne pas confondre contrôle et autorité. Et je ne parle pas là d'autoritarisme, mais bien de diriger, de mobiliser, de motiver des personnes, non pas par la peur, mais par l'accompagnement et en faisant preuve d'exemplarité.

Changement de vocabulaire et baby-foot aux ordures

Et puis, au-delà du besoin accru de contrôle de certains managers, il y a l'impression que l'entreprise est devenue une immense cour de récré. Bonbons, jouets, baby-foot et smileys à tout va, s'ils ont certaines vertus peuvent aussi agacer, voire déprimer certains salariés qui aimeraient qu'on leur parle un peu plus comme des adultes. Mais pourquoi l'entreprise cherche tant à flatter notre âme d'enfant ? Sans doute pour éviter l'opposition. Mais comment vivre cette injonction au bonheur ? Comment ne pas se faire mal voir quand on est le petit qui boude au fond à côté du radiateur ? Pas simple.

Il est fréquent que face aux différentes causes de mal-être en entreprise, ces dernières répondent par l'infantilisation. Rien de grave en somme : un chief happiness officer par-ci, un baby-foot par-là ou encore 1 ou 2 activités de team building. Mais cette injonction au bonheur, pour des salariés qui ont parfois perdu le sens de leur mission, ne comprennent pas toujours la voie que choisit l'entreprise et se sentent désengagés et démotivés peut ajouter de la souffrance au mal-être. Comment dire que ça ne va pas, comment oser formuler des critiques constructives, quand l'entreprise a l'impression de tout faire pour que vous soyez heureux en son sein.

Et si le bonheur en entreprise tenait plus à une communication fluide et sincère qu'à des problèmes étouffés ? Aucun salarié n'a besoin d'un atelier récréatif ou de massages pour s'épanouir dans son job si on l'empêche d'être autonome, si on le rabaisse, qu'on évite de lui donner telle ou telle information ou qu'on le flique à la moindre occasion. Donner l'exemple et apprendre à faire confiance, c'est le meilleur moyen de donner confiance et surtout de motiver pour qu'employés et manager avancent ensemble !

L'avis de la rédaction : ne pas confondre liberté et autonomie

Gare à ne pas confondre liberté et autonomie comme l'explique Nicolas Bouzou, économiste et coauteur avec Julia de Funès de la "La comédie (in)humaine". Pour lui, la tendance à moins de hiérarchie revient à confondre autonomie et liberté. La liberté repose sur la finalité quand l'autonomie repose sur les moyens. "Les salariés n'ont pas besoin de liberté mais d'autonomie. Je m'explique : si vous êtes un activiste antinucléaire et que vous exercez chez EDF, vous devez quitter cette entreprise. C'est la liberté." 

😌 Si vous ne parvenez pas à vous épanouir dans votre vie professionnelle après diverses expériences, que vous avez le sentiment de ne pas trouver votre place ou de ne pas être traité à votre juste valeur, il est temps de vous questionner avec un coach afin de trouver ensemble ce qui vous permettra de vous épanouir pleinement dans ce que vous faites.

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Sources : "Le vocabulaire de l'open space tient plus de la puériculture que du management" - Capital - Infantilisation et mal-être au travail - Le guide du débrouillard - "Le management repose sur trois idéologies : la peur, l'infantilisation et la quête du bonheur" - cadreo

Et pendant ce temps là, 75% des travailleurs français ont vu leur santé mentale se dégrader

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