La parentalité est une contrainte, mais pourquoi fait-on encore des enfants ?

Mis à jour le par Lauriane Amorim, rédactrice pour Wengood

Hier, mon fils fêtait ses deux ans, et pendant que je regardais ce blondinet excité au sucre, hurlant, courir en couche dans le salon au milieu des centaines de morceaux de papier cadeau, je me suis demandé ce que je faisais, avant, de mes dimanches soir. La réponse était simple, je me détendais en repoussant l'éventualité du lundi matin. Est-ce que je regrette d'être mère ? Parfois oui. Est-ce que c'est contraignant ? Souvent. Est-ce que je recommencerais ? Oh oui ! Entre contrainte, désillusion et amour fou, pourquoi fait-on des enfants ? 🚸

La parentalité est une contrainte, mais pourquoi fait-on encore des enfants ?
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Attention, maman et papa balancent : une parole qui se libère

Je ne suis pas la première de ma bande à avoir eu des enfants, loin de là. J'ai donc pu regarder de loin et avec parfois, je dois bien l'avouer, un certain dédain, les bâillements de mes amis dès 20h, les réservations pour les vacances en club, les grasses matinées jusqu'à 7h30 et les nuits réduites à peau de chagrin. Et puis, surtout, les parents, ça parle, ça parle beaucoup... et ça se plaint. Trop de pleurs, pas assez de temps, peu de sommeil, des bêtises incroyables, des devoirs, du caca, des dents, des “non”, la litanie est longue et plus la parole se libère plus on cherche frénétiquement et presque frénétiquement l'ordonnance de notre contraception 😁.

À notre époque, quiconque a déjà passé un peu de temps avec de jeunes parents sait très bien qu'on ne vit plus dans ce monde ou la parentalité était une joie perpétuelle, faites de doux babillages et de tendres gazouillis. Non, il se trouve que maintenant que les pères prennent un peu plus leur rôle en main on entend bien plus parler des sentiments ambivalents qu'inspire la parentalité. Mais ce n'est pas tout, aujourd'hui, être parent, c'est une perte de temps.

Être parent à l'ère du retour sur soi

Prendre du temps pour soi, mieux se connaître, aller au bout de ses rêves, vivre à fond sa passion, croire en soi, etc. Voilà en gros les injonctions que nous propose une société d'individualisation, de retour à soi et de bonheur imposé. À l’heure actuelle, il faut se révéler, réussir sa vie et en profiter à fond, alors faire des enfants c'est perdre du temps et surtout perdre du temps pour soi, pour ne pas dire, rater sa vie.

Depuis la naissance de mon fils je suis "en chantier" 🏗️. J'ai voulu entamer une sorte de transformation de moi-même : prendre confiance en moi, calmer mes angoisses, faire du sport, un régime, me mettre à écrire et voilà donc deux ans que je suis toujours en chantier. Parce que oui, la vie d'un enfant empiète forcément sur la nôtre. Nos projets personnels prennent donc plus de temps et c'est pour ça qu'on se retrouve à regarder les célibataires ou les couples sans enfants avec de la nostalgie et un peu d'envie, parce qu’eux, ils font encore tout ce qu'ils veulent comme ils l'entendent. Avec un enfant tout devient plus limité, mais aussi plus organisés et planifié. La spontanéité et le plaisir immédiat ne sont plus tout à fait au programme.

Sauf que si je suis vraiment franche, je ne suis pas sûre que j'avançais plus vite quand mon fils n'était pas là. Je pensais plus à moi, mais je n'étais pas forcément plus efficace, je n'étais pas une meilleure version de moi-même, je profitais juste de la vie différemment 🙃.

Le couple vs les parents : deux salles, deux ambiances

Ah oui, et puis il y a le couple aussi. D'après le psychiatre Bernant Geberowicz, coauteur de l'ouvrage Le Baby clash - le couple à l'épreuve de l'enfant, entre 1 couple sur 5 et 1 couple sur 4 se sépare après la naissance de son premier enfant. En lisant ça, comment ne pas avoir envie de s'abstenir. C'est vrai ça, on s'imagine l'enfant comme le fruit de l'amour et voilà qu'en fait il vient tout détruire, alors non merci, je passe mon tour ! Et c'est vrai que si en devenant une famille on ferme la porte du couple, comment rester en couple ? D'autant plus que maintenant, on fait des enfants plus tard qu'avant, on a donc bien eu le temps de vivre à deux et de profiter de sa vie de couple sans enfant, alors, changer ses habitudes, tout à coup, c'est difficile.

C'est vrai, avant on allait au cinéma ensemble et pas à tour de rôle, on n'avait pas besoin de convoquer le ban et l'arrière-ban pour aller au resto un soir, je n'écrivais jamais "sexe" dans notre agenda pour partager un moment à deux. Évidemment, on faisait les choses différemment et ce n'est sans doute pas cette année que je tenterai l'échangisme ou que je passerais le 31 décembre à boire du vin chaud dans un tipi au pied d'une montagne, mais je n'ai jamais pensé que ma vie d'avant serait ma vie d'après + un enfant 👶.

La compétition avec le monde est dure. Il faut avoir tout fait, tout vu, tout tenté, tout testé et en plus on se confronte aux images des parents à la déco impeccables, aux enfants dignes d'une publicité Jacadi et à leur superbe voyage en Norgève où oups, seul bémol Gaspard-Louis a perdu son bonnet lors d'un périple à vélo. Franchement oui, sur les réseaux sociaux entre les petites familles parfaites et les parents épuisés j'ai souvent l'impression d'être mauvaise, bizarre et en plus d'avoir une vie morne et ennuyeuse, seulement animée par la crise de nerfs du petit au milieu de la routine bain-repas-dodo.

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Tu l'as voulu, tu gères et haut la main s'il te plaît

Ah oui, et puis aussi, même si le parent parfait n'existe pas, je tente quand même ma chance, très régulièrement...

De plus en plus, grâce à la contraception, faire des enfants est un choix. C'était mon choix, donc je dois tout simplement être excellente. Placer la barre haut est devenu un de mes passe-temps favoris et chaque fois que mon fils ne prend pas l'air, ne mange pas de légumes, loupe l'heure limite du coucher ou reste deux minutes de trop devant la télé je culpabilise beaucoup et longtemps. Sauf que tout le monde se fout que je sois une mère parfaite. 

Au mieux je file des complexes à certains, au pire on me critique sur un autre aspect de ma maternité. On a l'impression que la parentalité est devenue un nouveau métier dans lequel il faut performer, réussir et en plus s'épanouir pleinement, mais on oublie trop souvent que l'éducation comporte une part d'erreurs, d'essais et d'improvisations et plus vite on le prend en compte, plus vite on épargne notre santé mentale.

Et donc avec tout ça, pourquoi j'ai fait un enfant ?

Je me permets d'abord de dire que c'est une question capitale. Même si chacun à ses raisons, je trouve qu'on demande bien trop souvent aux gens, et notamment aux femmes pourquoi elles ne veulent pas d'enfant, mais qu'on oublie assez peu de demander pourquoi on en veut et pourquoi on en fait 😏.

Les enfants sont un fardeau, je le savais un peu avant d'en avoir, maintenant je le sais, je le ressens et je le vis. Oui, un enfant (ou plusieurs) dans une vie, ça pèse lourd. Un couple c'est aussi un fardeau, les amis aussi tant qu'on y est et que dire d'un travail ! Toutes ces choses qui nous empêchent beaucoup, nous freinent un peu et ne nous permettent pas de toujours, toujours vivre comme on l'entend et comme on le désire sont en fait des fardeaux. Finalement, si je réfléchis, je crois même que j'entends bien plus de personnes se plaindre de leur conjoint, plus encore de leur boulot que de leurs enfants. Je ne sais pas ce qui pèse le plus lourd et ce qui entrave le plus, j'aurais même tendance à dire que ça dépend de chacun, du contexte et de l'expérience, mais si je sais une chose, c'est que nous ne sommes pas faits pour traverser l'existence seule. On se lie comme on peut, bien ou maladroitement aux autres, et parfois on se reproduit.

De l'amour tout autour

On se reproduit, et c'est le choc, on s'engueule, on se pose des questions, on oublie tout, on refait surface, on souffre, mais on aime. Je crois sincèrement qu'il y a des parents qui regrettent de l'être et d'autres qui n'aiment pas leurs enfants et j'ai beaucoup de peine pour eux, parce que je suis persuadée que pour survivre à la parentalité, le seul moteur, c'est l'amour (gnangnan mais véridique). Bien sûr on a envie de perdurer, de ne pas être oublié et donc de continuer à vivre un peu, narcissiquement, dans son enfant, mais tout autour, c'est un amour fou. Un truc qui vous pousse à dépasser l'égoïsme, la fatigue et soi-même. On peut adorer être parent, aller acheter ses céréales bios en trottinant, le sourire aux lèvres et les maudire, le soir même de nous gâcher la soirée et la vie avec leurs cris et leurs crises et le lendemain matin, rebelote, on sent leurs cous et on renifle leurs vêtements abandonnés parce qu’ils nous manquent déjà. 

Il y a de l’amour et l’amour ce n’est ni simple ni anti-fatigue. Les enfants sont un adorable fardeau, être parents est aussi contraignant que galvanisant, et peut même nous rendre meilleures. Plus organisées, plus créatives, plus conciliantes, plus concentrée, plus enthousiaste, etc.

Faire des enfants, c’est avant tout de l’amour. On aime et aucun amour n’est parfait, surtout pas celui-ci et c’est bien mieux si on peut s’en plaindre ! ❤️‍🩹

L'avis de la rédaction : un choix personnel 

Les témoignages tapageurs affluent sur les réseaux en ce moment "elles regrettent d'être mères", "c'était mieux avant" etc. nous poussant toutes à réfléchir. Est-ce qu'on peut dire qu'on regrette ses enfants ? Qu'on ferait plus de choses sans eux ? Bien sûr que oui ! Tout comme on peut dire qu'on aime ses enfants plus que tout au monde, qu'on aime uniquement ceux des autres, qu'on n'en fera jamais ou que le sujet est en cours de réflexion ! 👉 C'est un sujet qui touche à l'intime, toutes les réponses sont bonnes, tant qu'il s'agit de votre décision. Si ce sujet occasionne de nombreuses questions dans votre esprit et que vous vous sentez perdue, n'hésitez pas à contacter un psychologue afin d'en discuter ensemble. 

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Source : Pourquoi la parentalité est si souvent présentée comme une contrainte - Slate

Maintenant vous saurez : Ce que l'arrivée d'un enfant fait à votre couple 😅

Article proposé par Lauriane Amorim, rédactrice pour Wengood

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