J’ai envie de faire l’amour, mais en même temps, j'ai la flemme…

Mis à jour le par Camille Lenglet

Prendre une douche, se laver les dents, se mettre au lit. Ah, tiens, serait-ce le moment idéal pour faire l’amour, maintenant que tout le monde est couché ? Oui, mais en même temps, ça prend du temps, demain on doit se lever tôt, puis il faut reprendre une douche… Bref, la femme quoi ! Je parie qu’on a déjà tous·tes eu cette pensée en tête. Pourquoi en vient-on à ressentir de la flemme de faire l'amour  ? Entre la charge mentale qui repose sur nos esprits et la charge "pénétrative" qui repose sur nos corps, il n’est pas étonnant d’en arriver là. Explications.

J’ai envie de faire l’amour, mais en même temps, j'ai la flemme…

La charge mentale et le désir

Quand on est en couple depuis plusieurs années, qu’on a un rythme chargé et bien réglé, qu’on a peut-être même des enfants, faire l’amour peut paraître beaucoup moins spontané qu’avant. Il faut être dans de bonnes conditions, car le poids du quotidien créé des pensées parasitantes qui nous encombrent l’esprit 💭 : "demain, je dois partir tôt pour faire mon rendez-vous, donc je dois poser machin à l’école, punaise du coup, j'ai oublié de lancer le lave-vaiselle avant d’aller au lit, oh et puis je dois repasser à la maison pour emmener le chat chez le véto demain aprem…"

Tout cela joue sur notre désir et il est difficile de maintenir sa libido. Et devinez quoi ? C’est encore plus difficile lorsqu’on est une femme ! La raison est due au poids de la charge mentale qui pèse sur nos épaules. Difficile d’avoir envie de faire l’amour après une journée éreintante où on a couru partout. C’est sûr que si on arrivait à la maison, que toutes les taches étaient faites, on aurait encore plus envie de faire l’amour 😅 ! Le problème est que nous sommes encore trop nombreuses à devoir gérer seule l’organisation du foyer et à devoir penser à tout.

Le saviez-vous ?

Les coupes qui arrivent à bien répartir la charge mentale font plus l’amour que les autres, selon une étude américaine de 2016. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 6.8 fois pour les couples égalitaires, contre 6.3 fois pour les couples classiques.

La honte de la flemme

Lorsqu’on est une femme, on n'oublie pas aussi toute la logistique qu’il y a autour du sexe, au-delà même d’arriver à sortir son esprit de la routine. Il faut se déshabiller, aller aux toilettes, se doucher, se rhabiller… Sans compter que la contraception masculine est encore trop peu répandue, donc on se coltine aussi cette charge mentale 😫. La liste est longue, ce qui nous freine d’autant plus. 

Pourtant, c’est quelque chose encore difficile à verbaliser, comme l’explique la sexologue, Tiphaine Besnard-Santini. En effet, elle explique que ses patientes évoquent peu cet aspect, comme si la flemme n’était pas un “non” à minimiser. Sauf qu’on ne doit jamais avoir honte de ne pas avoir envie de faire l’amour. Notre libido est beaucoup plus fragile que celles des hommes, parce qu’elle est parasitée par une société patriarcale pleine d’injonctions et de culpabilisation. Ce n’est pas notre faute, d'autant plus que dans les couples hétérosexuels, le plaisir masculin est prioritaire, tout comme la pénétration. C’est une autre partie du problème 🙃 !

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La pénétration, une “obligation” lourde

À force de vivre dans une société qui ne fonctionne qu’avec le mâle gaze, il est peu surprenant que les rapports hétérosexuels soient très normés. La pénétration est mise au centre de l’acte et on appelle tout le reste des “préliminaires”. Cela sous-entend que ce n’est pas assez bien pour être central à l’acte et qu’il faut forcément terminer le rapport par une pénétration 🙄. Déjà, cette pensée est un problème. Il faut vraiment déconstruire le rapport sexuel et explorer de nouvelles choses pour retrouver sa libido.

📖 Le livre “Jouissance Club” permet d'ailleurs de déconstruire la vision du rapport sexuel normé et d’apprendre pléthore de gestes pour faire l’amour autrement !

Être pénétrée demande plus d’efforts qu’être pénétrant

Comme l’explique la sexologue, il ne faut pas oublier que la pénétration nous demande plus d’efforts. Notre sexe ne fonctionne pas comme le pénis, il faut du temps pour que la lubrification se mette en route, que les muscles se détendent, sinon gare au vaginisme 😨… Le fonctionnement de notre vagin est beaucoup plus long à se mettre en route, d'autant plus si on a un état d'esprit négatif. Dans ce cas-là, impossible de faire monter le désir, la flemme remporte la palme.

Il faut donc faire un travail de déconstruction auprès des pénétrants 🍆. Même si clairement, cela revient à avoir une charge mentale en plus. Toutefois, il est nécessaire de faire comprendre que les caresses, les câlins, les baisers, la masturbation, etc. sont tout aussi légitimes, voire plus importantes que la pénétration. Il y a 1000 façons de faire l’amour, pourquoi ne se contenter que de la vision "pénétrante" 🤭 ?

Comment faire pour sortir de la flemme ?

La communication est l’une des principales clés pour lutter contre la routine. Si notre conjoint ne remet pas en question l'acte sexuel normé, on doit en parler avec lui. Cela permet de verbaliser nos véritables envies et d'expliquer notre mode de fonctionnement. Néanmoins, si tout se passe bien côté échanges et pratiques sexuelles, comment ne pas succomber à la flemme tout de même ? Car à force de tomber dedans, elle éteint progressivement le feu du désir 🧯…

Se sortir de notre flemme est un exercice complexe 😥. Il ne faut jamais se forcer à faire l’amour, mais on doit travailler notre désir et sortir de la lassitude. C’est un exercice mental, que l’on fait avec soi-même dans un premier temps, pour se débarrasser de tout ce qui vient parasiter la libido. Cependant, il y a aussi le passage à l’acte ! On a le droit d’explorer de nouvelles pistes, de réaliser un fantasme, de faire des jeux érotiques, de tester des pratiques comme le BDSM, etc. On ne néglige pas non plus notre propre plaisir via la masturbation ! Avoir du plaisir seule est un bon moyen d'entretenir la machine et d'avoir envie de faire l'amour.

Il ne faut pas hésiter à identifier ce que l’on ressent, à communiquer en toute transparence, de s’accorder des moments privilégiés à deux, mais à avoir aussi une discussion sérieuse sur la charge mentale. Il s'agit vraiment de s'éveiller, de prendre du recul et d'être woke dans son rapport au sexe et à son couple 🥰 !

L'avis de la rédaction : une charge sexuelle lourde à porter

Assurer le devoir conjugal, s'épiler, être désirable, en plus de la charge mentale, il existe ce qu'on appelle la "charge sexuelle". Histoire de tout bien faire et de se mettre la pression jusque dans l'intimité. La société tout comme les magazines féminins, nous incitent lourdement à avoir une sexualité démente en sortant des sentiers battus mais être fatiguée, avoir la flemme, c'est OK ! Si vous ne parvenez pas à trouver votre épanouissement dans votre sexualité, n'hésitez pas à prendre rendez-vous avec un psychologue afin d'en parler.

🤗 Se comprendre, s'accepter, être heureuse... C'est ici et maintenant !
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Sources : terrafemina.com / gangduclito

Article proposé par Camille Lenglet

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