Syndrome de la bonne élève : comment s'en libérer ?

J’ai toujours entendu dire que j’étais assidue et bonne élève. Quand j’étais enfant, j’étais fière d’entendre ça et je travaillais encore plus dur. Depuis quelques années, je suis épuisée de donner le meilleur de moi-même et d’être toujours conciliante. Je me suis longtemps interdit d’être imparfaite car je ne voulais pas décevoir les gens. J’ai découvert que ce n’était pas un trait de caractère mais le syndrome de la bonne élève. Les femmes en sont très souvent victimes et il nous empêche de nous épanouir et de nous affirmer. Qu’est-ce que le syndrome de la bonne élève et comment s’en défaire ? Explications.

Sommaire : 

Qu’est-ce que le syndrome de la bonne élève ?

Une construction psychique réservée aux femmes

Les psychologues et sociologues s’accordent à dire que ce syndrome touche majoritairement les femmes. La société accorde le droit aux hommes d’avoir des défauts tandis que nous, les femmes, devons être parfaites. Nos corps doivent correspondre aux diktats de la minceur et de l’éternelle jeunesse, mais notre comportement doit aussi être en adéquation avec ce qu’on attend de nous. Ne pas déranger, être soigneuse et appliquée, c’est ce qu’on  m’a appris lorsque j’étais petite. Tandis que les petits garçons autour de moi étaient encouragés à découvrir, s’affirmer, prendre la parole, etc.

C’est une construction psychique dans laquelle on trouve satisfaction à être félicitée par autrui grâce à un comportement docile et zélé. Sauf que ce syndrome est toxique pour notre épanouissement personnel et qu'il nous empêche de développer notre assertivité.  

La construction du syndrome

Ce syndrome se construit depuis la petite enfance. Si mes parents n’ont pas participé au développement des stéréotypes liés aux filles, mon entourage, plus global, le faisait. Il fallait avoir un comportement de petite fille sage ! Et ça s’est consolidé avec la scolarité. Je me suis acharnée à avoir de bonnes notes pour obtenir l’approbation de mes professeurs.

➡ Les victimes de ce syndrome vont associer les félicitations et les encouragements au travail fourni. Le syndrome de la bonne élève, c’est aussi l’impossibilité de remettre en cause l’autorité ou même de penser à oser dire non … Résultat : lorsqu'on est adulte, on ne parvient pas à affirmer nos propres envies ! Le syndrome de la bonne élève est un frein à l’épanouissement personnel puisqu’on est habitué à vouloir faire plaisir et à ne pas contredire.  

Comment détecter le syndrome de la bonne élève ?

Pour savoir si comme moi, vous êtes victime du syndrome de la bonne élève, notez le nombre de fois où vous vous êtes reconnue dans les caractéristiques suivantes :

  • Un perfectionnisme exacerbé (si ce n’est pas parfait, ça n’en vaut pas la peine).
  • Impossibilité de dire non ou de remettre en cause l’autorité.
  • Le besoin d’être serviable et utile aux autres.
  • Ne pas oser dire ce que l’on pense (pour avoir l’approbation des autres).
  • La peur de contrarier ou décevoir autrui (et vouloir éviter le conflit).
  • Lutter pour le bonheur des autres quitte à en oublier le sien.
  • Manquer de confiance en soi.
  • Attendre une approbation pour agir (ne pas avoir un libre-arbitre).

Comment se débarrasser du syndrome de la bonne élève ?

Tout comme le syndrome de l’imposteur, il faut apprendre à se débarrasser de celui-ci pour s’épanouir. S'effacer à ce point ne peut être que nocif et dévastateur. Pour commencer, désobéir ou dire non a été une première étape vers la libération. Si mon collègue me demandait de l’aide pour la énième fois pour mettre en page son rapport, je lui disais que je ne pouvais pas. L’humour peut-être un solide allié dans ce genre de situation et surtout il faut se rappeler que nous ne disons pas non à une personne mais à une demande.

Remettre l’autorité en cause va être une sorte de crise d’adolescence nécessaire pour s’affirmer. Sans envoyer promener son manager d’un coup, on peut dire à ses amis que la destination des prochaines vacances en groupe ne nous plaît pas. Étape par étape, on va pouvoir dire ce que l’on pense sans avoir peur du conflit. Il est important de se questionner également. Qu’est-ce qui nous ferait vraiment plaisir ? Et pas qu'est-ce qui ferait plaisir aux autres ? Il faut apprendre à se détacher du système de récompense peu à peu pour aller vers son propre système de satisfaction. Se demander régulièrement pourquoi on agit nous aidera à remettre tout en question pour comprendre notre comportement.

➡ Le plus important est d’être accompagnée. J’ai pris la décision d’avoir un suivi psychologique pour m’affirmer et me détacher de ce syndrome. Et si un jour, j’ai une petite fille, je n’ai pas envie de reproduire ce schéma pour l’aider à se construire en tant que femme forte.

L'avis de la rédaction : vous avez le droit à l'erreur !

Derrière le syndrome de la bonne élève, se cache un risque d'épuisement psychologique et physique, surtout quand ce comportement se retrouve dans le monde de l'entreprise. Pour vous en détacher, cessez de croire qu'il faut toujours faire mieux, tout le temps. Plus facile à dire qu'à faire... Commencez d'abord par vous mettre en tête que votre manager n'est pas votre professeur ! La relation qui vous lie est un véritable échange, il a besoin de vos compétences et vous répondez à ses besoins.

 💪 Enfin, créez votre légitimité, donnez-vous le droit à l'erreur et prenez confiance en vous ! Et si malgré tout, vous ne parvenez pas à sortir de ce rôle de bonne élève, n'hésitez pas à contacter un spécialiste : 

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Mais aussi :

Sources : L’impact du syndrome de la bonne élève sur sa carrière - Medium - D'où provient le syndrome de la bonne élève ?Marie Claire - Qu’est-ce que le syndrome de la bonne élève et comment s’en défaire ?Madmoizelle

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