Laurence Guin-Dagry, psychologue, nous dit tout sur l'importance de couper le cordon avec sa mère

Mis à jour le par Justine Guilhem

Vous êtes toujours à l’écoute, toujours là quand ça ne va pas, en somme la parfaite mère exemplaire ! Mais attention, ce surplus d’attention peut nuire à votre enfant (adulte !). Trop le/la materner alors qu’il/elle devient un·e jeune adulte peut freiner son développement personnel. Mais pourquoi est-ce si difficile de couper de cordon ? Laurence Guin-Dagry, psychologue, nous dit tout sur le sujet.

Laurence Guin-Dagry, psychologue, nous dit tout sur l'importance de couper le cordon avec sa mère

Relation fusionnelle, d’où vient-elle ?

Dès la grossesse, à l'intérieur de l'utérus de la mère et par l'intermédiaire du cordon ombilical, débute une symbiose ou "fusion" avec l'embryon. Cette étape, on le conçoit aisément, est vitale pour l'enfant durant la gestation. Après la naissance, les soins prodigués par la mère, l'allaitement vont poursuivre cette relation fusionnelle. 

Puis, peu à peu, en grandissant, la notion de fusion s'estompera naturellement entre la mère et l'enfant. Comme nous sommes dans une éducation binaire, loin d'une éducation non genrée, les garçons et les filles ne réagissent pas de la même manière à cette fusion : 

  • 🧒 Pour un garçon : n'étant pas du même genre que sa mère, il comprend assez rapidement qu'il lui est indispensable de se séparer d'elle pour se construire en tant qu'homme. Encore une fois, ce comportement est provoqué à cause d'une société genrée dans laquelle on éduque les garçons à être des "mâle alpha". 
  • 👧 Pour une fille : les choses sont un peu plus compliquées. La fusion des premiers mois s'accompagne d'une confusion des identités qui peut durer longtemps si la mère voit en sa fille un prolongement d'elle-même, en l'investissant de ce qui lui appartient en termes de désirs, manques, peurs et angoisses. 

La petite fille regarde sa mère comme un modèle et l'idéalise. Cette opposition est pourtant nécessaire afin que l'enfant trouve sa place et son identité.

👋 Cet article peut vous intéresser : Comment gérer la déception à l'annonce du sexe du bébé ? 

Mère-fille : des jumelles ?

La rivalité entre mères et filles a existé à toutes les époques et la confusion des identités aussi. Aujourd'hui, ce ne sont plus les filles qui copient les mères, mais les mères qui s'emploient à imiter les filles. Certaines mères ne souhaitent pas seulement être mère, elles veulent aussi être la meilleure amie, la confidente, la sœur, celle à qui on dit tout… Et les publicitaires ne s'y trompent pas. 

📌
Il y a une multitude d'exemples sur le fait que la mère et la fille se confondent. Qui n'a pas vu l'opération marketing d'une célèbre marque de vêtements mettant en scène mère et fille, habillées et coiffées de la même manière ? Jouant sur la confusion, ne différenciant parfois plus qui est qui. De même que le film "Freaky Friday : Dans la peau de ma mère", où la mère et la fille inversent les rôles. On s'habille pareil, on pense pareil, on vit pareil !

Il existe indéniablement une pression sociétale qui incite les mères à rester jeunes, à ressembler à leurs filles, à maintenir une apparence et une attitude qui défient le passage du temps. Comme l'a si justement observé la philosophe et féministe Simone de Beauvoir, la société a tendance à nous faire croire que nous cessons d'être des femmes après un certain âge

Cette notion est profondément ancrée dans notre culture, alimentée par les médias, la publicité et même par nos propres préjugés inconscients. Cependant, il est essentiel de faire la différence, de se distinguer, pour se construire une identité propre à soi, au risque d'être une mère toxique pour son enfant.

Les conséquences de la relation fusionnelle

Vous l'avez compris, la séparation avec son enfant est quelque chose de sain et structurant. À l’inverse, la fusion va empêcher la mère et l'enfant de vivre leurs vies. Le lien fusionnel peut être instauré par la mère quand elle n'est pas suffisamment narcissisée dans sa vie, son couple, ses amis, son travail. 

Il est donc important de se construire en dehors de son rôle de mère, même si c'est difficile à faire, tant la société pousse les femmes dans cela. C'est un travail à faire à partir du moment où une femme est en train de tomber enceinte ! Sinon, il risque d'y avoir des conséquences néfastes : 

  • 👉 Au niveau de l'enfant : Il/elle aura la sensation que sa mère va tout combler. Dès qu'il y aura un problème, l'enfant va se référer à sa mère, ce qui va le mettre dans une relation infantilisante. Il/elle aura du mal à se socialiser et aura sans doute beaucoup de peur et d'attente envers les autres. 
  • 👉 Au niveau de la mère : c'est à l'âge adulte que va se poser le plus gros problème, puisque quand l'enfant sera assez grand pour quitter le nid familial, elle aura la sensation de perdre le contrôle. Ce qui peut en faire une mère envahissante qui fera tout pour encadrer son enfant adulte. Cela peut avoir aussi une autre conséquence : la sensation de vide. Au départ de l'enfant, la mère peut sombrer dans la dépression à cause de la perte de repères... 

Il ne s'agit pas de vite quitter son bébé, non, la relation fusionnelle pendant l'enfance est normale. Cependant, à l'adolescence, il faut laisser de plus en plus d'autonomie à l'enfant et accepté qu'il se construise loin de sa mère et de son père. 

Laurence Guin-Dagry, psychologue diplômée

Depuis plus de 20 ans, Laurence Guin-Dagry est experte dans les problèmes liés aux événements de la vie, aux troubles psychologiques, mais aussi et surtout liés à la famille. Si vous avez la sensation que votre mère est tout le temps derrière vous ou que vous êtes mère et que vous ne savez plus comment gérer la relation avec votre enfant adulte, n'hésitez pas à la consulter ! 

🤗 Se comprendre, s'accepter, être heureuse... C'est ici et maintenant !
#BornToBeMe

Contacter Laurence

Mais aussi : 

Article proposé par Justine Guilhem

Mon rêve de bonheur : faire de ma vie un grand terrain de jeux

Nos derniers articles

Je ne suis pas très famille, est-ce ok ? Suis-je une horrible personne ?

Je n’habite pas très loin de chez mes parents et pourtant je ne les vois pas si souvent. Idem pour mes beaux-parents et quelques-uns de mes oncles et tantes. Nous nous entendons bien et je crois pouvoir dire qu’en cas de besoin, nous serions là les uns pour les autres. C’est simplement que je ne ressens pas le besoin de passer du temps régulièrement avec eux. Cela fait-il de moi quelqu’un de pas « très famille » ? Ou même pire, une mauvaise personne ?! Parlons-en.

Grands-parents qui font des différences, comment gérer ?

Parmi les 5 petits-enfants dont je fais partie, je sais que mon cousin, le petit dernier, est le préféré de ma grand-mère. Il n'y a que des louanges pour lui et des critiques pour les autres, notamment moi, l'aînée. J'avoue que c'est assez pesant, même à 33 ans, d'avoir cette différence de traitement. Alors comment gérer les grands-parents qui font des différences ? Il faut agir en tant que parents, mais aussi en tant que "petit-enfant" adulte ! Explication.

Ma famille rejette mon/ma partenaire, je fais quoi ?

Lorsque j’étais plus jeune, il m’est arrivé de ramener mon mec chez mes parents et que ça se passe très mal. Clairement, ils ne l’ont pas aimé et j’ai senti qu’ils le rejetaient. À l’époque, j’étais jeune et je ne savais pas trop quoi faire et ça m’a profondément rendu triste. Alors que faire lorsque notre famille n’accepte pas notre partenaire ? Comment réagir ? J’ai grandi désormais et j’ai compris les raisons de cette réaction, alors voici mon partage d’expérience.

Ma famille me critique tout le temps : comment gérer ?

Du choix de mes vêtements, à la couleur de mes cheveux en passant par le travail que je fais, j’ai souvent eu des critiques de la part de ma famille. Oncle, tante, grands-parents, parents, tout le monde y va de son commentaire. Ce n’est pas forcément méchant (quoique…), mais à force d’entendre leur avis, on souffre. Pendant longtemps, j’ai souffert des remarques négatives de mon entourage, mais désormais, je m’en détache complètement. Comment se libérer d’une famille qui nous critique tout le temps ?

Je n'ai rien à voir avec ma famille, sommes-nous vraiment incompatibles ?

Plus je vieillis, plus j’ai l’impression d’être différente de ma famille. J’ai même souvent la sensation que nous sommes incompatibles, pourtant je n’avais pas ce sentiment avant. La famille est une part tellement importante de notre vie que c’est déroutant lorsqu’elle nous est antinomique. Qu’est-ce qui fait qu’on a l’impression de ne plus rien avoir en commun avec sa famille ? Est-ce le reflet d’une incompatibilité réelle ? Quelles solutions ? Explications.

Fury room : pourquoi tout casser fait autant de bien ?

Qui n'a jamais eu envie de laisser aller sa colère et de tout casser ?! Bon, peut-être que je suis la seule, mais qu'est-ce que ça fait du bien d'évacuer comme ça. Le Japon a bien compris cela, puisque c'est dans ce pays que la "Fury Room" est née. Le concept ? Payer une entrée pour casser tout ce qu'il se trouve dans la pièce. Ayant parfois du mal à maîtriser ma colère, je me suis dis que ça pourrait être intéressant de tester et de se demander : pourquoi ça fait autant de bien ?

Les podcasts Wengood

Des podcasts avec du bonheur dedans parce qu'il est temps de penser à soi ! Retrouvez nos podcasts en intégralité ici.

🧠✨ Vivre avec ses Émotions avec Audrey Platania, COGITO’Z

14 mai · Wengood

41:12


Retrouvez-nous sur Youtube

Yoga, coaching, cuisine, rencontres etc... Bonnes vibrations en libre-service ! Allez hop, on s'abonne !

Retrouvez-nous sur Youtube