Sexomnie : quand le somnambulisme devient sexuel...

Se faire réveiller en pleine nuit par des attouchements de la part de son partenaire ou d'un ami, personne ne le souhaite. Le consentement est à mettre au cœur de chaque relation sexuelle. Il existe néanmoins une pathologie très rare, mais reconnue comme un trouble du sommeil : la sexomnie ou le somnambulisme sexuel. Une maladie qui fait vivre un enfer à ceux et celles qui en souffrent ainsi qu’à leur partenaire…

Qu’est-ce que le somnambulisme sexuel ?

Les sexomniaques, les personnes atteintes de sexomnie, souffrent d’une activité sexuelle pendant leur sommeil dont elles ne conservent aucun souvenir au réveil. C’est un trouble rare et méconnu du sommeil, contrairement au somnambulisme, alors que c’en est une forme. Le comportement peut aller de l’exhibitionnisme à la pénétration en passant par la masturbation, alors qu’il n’y a pas de réveil nocturne

➜ D’après une étude canadienne réalisée en 2010, 8 % de sexomniaques s’en prennent à leur partenaire brusquement durant la nuit.

Symptômes et origine de la sexomnie

Il y a un comportement somnambule sans aucun lien avec les rêves érotiques. Les sexomniaques sont moins profondément endormis qu’en cas de somnambulisme cependant. De plus, ils ne sortent pas du lit, contrairement à ce dernier. Le point commun est qu’ils ignorent tout de leurs agissements jusqu’à ce qu’un tiers les alerte.

Certains facteurs amplifient la sexomnie :

  • l’apnée du sommeil qui engendre de fréquents réveils, parfois inconscients ;
  • un manque de sommeil ;
  • une trop forte consommation d’alcool et/ou de drogues ;
  • un état de stress important ;
  • un traumatisme comme un choc émotionnel.

Les hommes, plus touchés par la sexomnie

La neurologue Isabelle Arnulf explique qu’il s’agit d’une pathologie réelle. L’étude précédemment citée a démontré qu’elle toucherait plus les hommes (11 % contre 4 % pour les femmes). Cela amplifie encore plus l’extrême précaution avec laquelle il faut traiter cette maladie et l'ambiguïté liée aux agressions sexuelles.

La question du consentement

La sexomnie peut avoir de graves conséquences puisqu’il s’agit d’un comportement sexuel non contrôlé pendant le sommeil. Certaines affaires de viol ou d’attouchements incestueux ont été portées devant la justice ces dernières années. Pour différencier une personne souffrant de cette pathologie d’un agresseur conscient, il faut apporter des expertises médicales afin de prouver :

  • qu’une partie du cerveau est endormie ;
  • qu’une autre partie du cerveau est éveillée et conduit à ce genre de comportements.

Cela permet donc de discerner une personne sexomniaque d’un violeur qui utiliserait consciencieusement cette pathologie pour se faire passer pour malade. Lorsque la sexomnie est prouvée et reconnue, la personne est déclarée comme non-responsable de ces actes.

⚠️ Cependant, il ne faut pas minimiser le ressenti des victimes d’attouchement ou de violence sexuelle, sexomnie ou non. C’est pourquoi il est important de surveiller et de détecter le comportement d’une personne sexomniaque.

Le comportement d’un sexomniaque

Afin de détecter s’il y a bien une sexomnie, il y a des comportements à relever. Le sexomniaque :

  • ne parle pas ;
  • se masturbe sans se cacher ;
  • n’a aucun souvenir ;
  • ne montre aucun signe d’affection (baisers, caresses, etc.) ;
  • pratique des positions jamais faites jusqu’alors ;
  • peut blesser de manière involontaire.

⚠️ Les personnes faisant du somnambulisme sexuel ont une vie intime épanouie, elles n’ont pas de problèmes de libido.

Comment soigner le somnambulisme sexuel ?

Beaucoup de personnes qui apprennent avoir eu un comportement sexuel déplacé pendant la nuit n’ont pas conscience d’être sexomniaque. De plus, la honte se combine à cela, il y a donc peu de personnes qui consultent. Il est donc important de parler de ce trouble du sommeil, au même titre que la paralysie du sommeil. Les découvertes concernant ce comportement sont encore récentes, mais il est important de commencer une psychothérapie et de consulter aussi un psychiatre pour une possible prise d’anti-dépresseurs.

➜ Les épisodes de sexomnie peuvent survenir une seule et unique fois, par périodes ou être davantage espacées.

Éviter les crises de sexomnie

Il faut éviter les facteurs favorisant un comportement de sexomniaque comme les excitants (drogue, alcool, café, etc.), les dîners lourds ou même faire du sport avant de dormir. Au contraire, il faut aller vers des choses qui relaxent le corps et détendent le cerveau comme faire de la méditation ou des activités relaxantes.

Parce qu'on a toutes besoin d'aide et de conseils

La sexomnie est une pathologie rare. La personne n'a absolument pas conscience de ses actes. Si vous êtes sexomniaque, n'hésitez pas à contacter à psychologue afin d'en parler.

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Sources : lci.fr / ooreka.fr

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