Comment aider une amie à sortir de l'anorexie ? Que puis-je faire ?

Mis à jour le par Justine Guilhem, rédactrice pour Wengood

Regard de la société, rapport compliqué au corps, à la nourriture ou à l’exercice physique, l'anorexie est un trouble alimentaire du à de nombreux facteurs. Le fait que l'une de mes proches en soit atteinte provoque incompréhension et frustration, mais le côté délicat de cette maladie m'oblige à prendre certaines précautions. Être à l’écoute sans émettre de jugements, apporter un vrai soutien, passer du bon temps ensemble... Comment aider une proche souffrant d'anorexie ?

8 conseils pour aider une proche souffrant d'anorexie

1. Je ne blâme personne

Avant toute chose, je garde à l’esprit que mon amie est dans un état psychologie fragile. Si elle avait eu le choix, elle se serait évitée de telles souffrance. Tout comme pour la boulimie, c'est la maladie que je blâme, pas la victimeIl n'est pas non plus question que je me sente coupable de son état ou que je me demande ce que j'ai mal fait. 

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2. Je pose les bonnes questions 

Je ne peux pas me contenter de supposer que si mon amie a besoin de moi, elle me le fera savoir. C'est à moi de lui tendre la main et de lui proposer mon aide. Les troubles de l’alimentation atteignent chaque personne de façon différente, alors il n’existe pas une seule bonne façon d’aider. Et je ne cernerais pas ses besoins si je ne lui demande pas. 

3. Je l'écoute sans la juger

La communication et l'écoute active sont ce qu’il y a de plus important. Je prends le temps de lui parler – pas toujours de nourriture, nous y viendrons par la suite - et de l'écouter. Si ma proche a envie de partager ce qu’elle ressent, je la considère. Sans jugement ni commentaire. 

Un trouble alimentaire est une maladie mentale, la personne qui en souffre ne peut pas juste "faire attention" ou "se forcer" pour se soigner. En revanche, lui apporter tout mon soutien en lui disant par exemple : "Partager ce que tu traverses est une preuve de courage. Je te comprends et je suis là pour que tu ailles mieux"  peut l'aider.

4. Je l'encourage à chercher l'aide d'un professionnel

Sa vie est en danger, alors j'insiste et je ne prends pas le sujet à la légère. Après m’être renseignée, j'ai compris que l’anorexie n'était pas une maladie physique, mais mentale. Je ne suis pas en capacité de réparer mon amie moi-même, mais un professionnel peut le faire. Et si l'idée de demander elle-même de l'aide l'effraie ou lui fait honte, je l'allège de ce fardeau. Je peux lui proposer une liste pour l'aider à choisir la thérapie qui lui convient le mieux. Et si on est assez proches, je peux aller jusqu'à me renseigner pour elle concernant les remboursements possibles pour cette psychothérapie.

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5. Je ne la considère pas comme une victime

La façon dont se perçoive les gens, quand ils manquent de confiance, prend souvent naissance dans le regard des autres. Ainsi, je ne m'oppose pas à ce que mon amie demeure indépendante. Je ne peux ni la prendre en charge ni contrôler ses comportements !

L'important est qu'elle se sente responsabilisée, qu'elle sente qu'elle contrôle encore sa vie. Au sein d'un groupe, la personne malade ne doit pas recevoir plus d’attention qu’un autre. Il faut lui montrer qu’elle occupe une place importante, certes, mais au même titre que tous les autres.


aider amie garder enfant

En revanche, je peux l'aider en gardant ses enfants ou en lui livrant parfois ses courses. De quoi lui faire gagner du temps pour qu'elle puisse se recentrer sur elle-même, et consulter le professionnel choisi.


6. J'évite le sujet "nourriture"

Avoir de nombreuses discussions est important, mais toutes celles qui tournent autour de la nourriture sont à bannir. Parler constamment de prise de repas, de poids, commenter son apparence est à surtout pas faire, avec personne en général, d'ailleurs. Je dois plutôt l'encourager et l'aider à trouver des centres d'intérêts positifs qui ne la ramènent pas à sa maladie. Je prends aussi soin de ne pas émettre d'avis sur l’apparence des autres, car toutes remarques concernant le corps pourraient être mal interprétées.

7. Je sors avec elle

Passer du bon temps ensemble est un excellent moyen de montrer mon soutien. Je m'assure encore une fois de choisir une activité qui ne provoque pas de stress lié à la nourriture : après-midi shopping, moment détente lors d'une manucure, balade dans la nature, sont autant de bonnes façons d'éviter le sujet qui fâche.

8. Je suis patiente

Encore une fois, j'évite tous les comportements brusques. Les désordres alimentaires sont complexes et le traitement est rarement simple et facile. Personne ne peut espérer une guérison du jour au lendemain, même si la personne atteinte suit une thérapie. A moi de lui montrer que je suis là, et que je le resterai jusqu'à ce qu'elle s'en sorte.

« L'anorexie n'est pas une maladie du corps, mais de l'esprit. » -  Lynn Crilly

L’avis du psy– Convaincre un malade de se faire aider, une tâche difficile

Le problème est que, la plupart du temps, les anorexiques n’ont pas conscience d’aller mal.  Selon eux, leur façon de gérer leur problème est la meilleure qui soit. Ils redoutent que des médecins ne viennent bousculer un bien fragile équilibre, ne les fasse passer de l’anorexie à la boulimie, soit d’à peu près mince (selon leurs critères) à super-gros (toujours selon leurs critères). Pour motiver la personne souffrant d’anorexie à entamer une psychothérapie, les proches, ou parfois le médecin traitant, peuvent souligner les effets néfastes de la maladie : problèmes de santé , fatigue, perte de force, difficultés de concentration, esprit détourné de ce qui est important (les études, les amis…), absence de vie sentimentale ou sexuelle, au profit des obsessions alimentaires et pondérales.

Ensuite, il faudra s'en remettre à un véritable professionnel de l'anorexie.

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Source : psychologies.com

Article proposé par Justine Guilhem, rédactrice pour Wengood

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