Lettre ouverte à mes enfants : tout n'a pas été parfait mais j'ai fait de mon mieux

Mis à jour le par Lauriane Amorim, rédactrice pour Wengood

Vous vous souvenez de ces journées à la plage. Quand on partait tôt, avant même que le soleil ne se soit levé. J'avais toujours peur que vous ayez froid. C'était magique de voir vos regards quand la mer apparaissait derrière la vitre de la voiture. Et puis, inévitablement, il y avait toujours mes cris, et vos cris. Ca criait toujours. Il y a tant de choses en nous et les parois de nos corps sont si fines... Forcément, ça explose. Dans cette histoire, tout n'a pas été parfait, mais j'ai fait de mon mieux.

Lettre ouverte à mes enfants : tout n'a pas été parfait mais j'ai fait de mon mieux

Quand je suis devenue mère

Quand je suis devenue mère, je suis devenue une île. Je me sentais puissante, mais en fait, j'étais seule au milieu de l'océan, devant affronter les bourrasques et la brûlure du soleil. On me visitait, on me piétinait, et si tout le monde avait l'air de savoir où j'étais, moi j'étais perdue. On n'a qu'une seule mère, et je me sentais bien seule, je n'avais pas le guide et j'ai pleuré, juré, soupiré sur les petits êtres effrayants que vous étiez. J'étais pleine d'angoisses et elles se sont répandues partout chez nous. Je voulais être parfaite, mais vous vous en foutiez. J'ai peut-être passé trop de temps à craindre ce qui pouvait arriver. Je vous touchais, je vous scrutais, attentive au moindre signe qui aurait pu annoncer un problème... je vous étouffais, c'était ça le problème.

>>> L'avis de la rédaction : Le parent parfait n'existe pas et c'est tant mieux !

Et puis il y a la colère

On m'a souvent comparée à une bête. On m'a dit que, comme les juments, mon impulsivité et mon impatience passeraient quand j'aurai un petit. Les autres sont parfois si stupéfiants... En tout cas, les prédictions se sont avérées fausses. Comment ne pas sentir venir la tempête face à vos regards frondeurs, à vos paroles aiguisées, à vos gestes tranchants ? Alors oui, j'ai lâché vos mains, quitté des pièces, claqué des portes. Je vous en ai voulu d'être contre moi et non pas tout contre moi. J'ai souhaité, en silence, dans ma tête, que vous disparaissiez. J'étais comme une amante éplorée. Je tentais de vous amadouer, de forcer votre affection, je cherchais de l'amour en vous, à coup d'étreintes que vous repoussiez et puis je laissais tomber. 

Enfermée dans mon mutisme je devenais cette femme impassible, tout juste mère nourricière. Mais, souvenez-vous de cette chaleur qui régnait après la tempête ! Quand vos petits bras devenaient des colliers à mon cou, que j'embrassais vos nez et caressais vos cheveux. Impossible d'être calmes, on chassait les colères à grands coups de baisers. C'était fou, c'était n'importe quoi. Un véritable torrent d'émotions. Avec vous, j'ai fait n'importe quoi. Je n'ai pas toujours pris le temps de jouer, de lire des histoires. J'étais parfois peu disponible ou trop présente. J'aurais voulu vous apprendre le bonheur, la liberté, la confiance en soi… J’aurais voulu être tout le temps là pour vous, disponible et prendre aussi du temps pour moi, pour revenir, encore mieux, un peu meilleure. Je n'ai pas trouvé de solution à ce dilemme, j'ai fait comme j'ai pu. J'avançais sur la ligne, j'y mettais un grand coup de pied et je tentais tant bien que mal de reprendre la barre. Mais l'amour ! L'amour qu'il y a entre nous ! Comment être parfaite quand cet amour improbable nous anime ?Lettre ouverte à mes enfants : tout n'a pas été parfait mais j'ai fait de mon mieux

"Cette possibilité que la maternité ne soit pas un don inné, qu'elle se construise avec l'enfant dans le doute et la folie, dans le tâtonnement de la raison du plus aimant." Marc Vilrouge

Je suis une île

Aujourd'hui, je suis toujours une île. La maternité isole. Être votre mère, ce n'est pas être votre père, ce n'est pas être ma mère et ce n'est pas être les autres mères. Ce n'est plus être la femme d'avant, ni une autre, ni tout à fait la même. Je suis une île et j'abrite en mon sein une famille délirante. Je protège des coups de vent, mais je laisse parfois passer un orage. Il nous arrive d'être trempés, d'avoir un peu moins chaud, de frissonner, mais je fais de mon mieux, je ne suis qu'une île !


L'avis de la rédaction - Nous n'avons pas les enfants dont nous rêvons

Avec la grossesse, les fantasmes et les rêves naissent et prennent de l'ampleur. On imagine nos enfants, ce qu'on fera avec eux et ce qu'ils seront. Force est de constater que la réalité est parfois brutale. Là où j'attendais un enfant calme et affectueux, j'ai une petite tête de mule, bruyante et caractérielle. Nous ne sommes pas toujours les parents que nous espérons être. Parfois, à grands coups de livre d'éducation, nous tentons de le devenir, mais nos enfants ne sont pas ceux des autres et nos enfants ne sont pas toujours ceux que nous espérons. Rassurons-nous, nous n'avons rien fait de mal, si ce n'est de les idéaliser !


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