Je suis incapable de présenter mes excuses, est-ce un crime ?

Mon colocataire doit se doucher à l’eau froide par ma faute ? J’ai malencontreusement tâché la chemise blanche d’un collègue ? Je comprends leur rancœur, mais je n’arrive pas à présenter mes excuses. Est-ce mon égo ou l’envie de rester honnête qui m’empêchent de demander pardon ?

« Oh it seems to me, that sorry seems to be the hardest word… ♫ » - Reconnaître ses torts est un signe de grandeur et présenter ses excuses une preuve d'humilité.  Les personnes qui demandent pardon facilement sont sages et courageuses, je le conçois. Peu importe la gravité de ma faute, je n’arrive pas à m’excuser… Mais j’ai de bonnes excuses ! 

Pourquoi je n'arrive pas à présenter mes excuses 

Présenter mes excuses c’est faire offense à ma fierté

J’ai beau dire : « Je suis désolée », « pardonne-moi », « par pitié ne m’en veux pas » cela résonnera toujours en moi comme un «tu ne veux pas que je rampe à tes pieds, moi qui suis si méchante ? » On est entre nous, alors avouez-le, ne pas présenter ses excuses procure un sentiment de supériorité tellement gratifiant ! Certaines personnes ont l’air désolées d’exister, que le monde sache que ce n’est pas mon cas. Celui qui réussira à me faire culpabiliser d’être là, et d’être moi, n’est pas encore né. Bien qu’il existe des codes de bienséance, à partir du moment où l’on vit en communauté, on s’expose au risque que les autres nous blessent, même inconsciemment. J’ai de l’orgueil, un tempérament de feu et jamais je ne renierai ma personnalité.

Je préfère être vraie qu’hypocrite

Je me rappelle de la dernière fois où j’ai présenté des excuses. Une de mes collègues avait raté son bus car nous étions en train de parler et la discussion s’est éternisée. Il s’agissait plus d’un concours de circonstance que d’un acte malveillant et prémédité mais le résultat était le même… Alors pour avoir la paix, j’ai prononcé ces fameux mots. Contrainte et forcée. Et j’ai pensé, à regret, que peu d’excuses sont réellement sincères et spontanées.

Sous mes airs fiers, je préfère 100 fois quelqu’un qui, têtu mais honnête, reste sur sa position et ne remet pas en question son comportement à quelqu’un qui s’excuse dans le vent. A tous ces hypocrites baratineurs qui vous regardent droit dans les yeux en vous demandant pardon alors qu’ils n’en pensent pas un mot et qu’ils se fichent ouvertement de vous… Des excuses c’est sacré ! Soit on les pense, soit on s’abstient. Mettez-vous à la place de quelqu’un de blessé avant de prononcer ces mots que vous ne pensez pas : rien n’est pire que d’entendre un « je suis désolé » suintant l’ironie.

Je ne conforte pas les autres dans leur malheur

C’est la triste réalité, l’Homme n’est pas connu pour être tendre avec ses semblables. Alors quand celui-ci a été blessé, bousculé ou vexé, mieux vaut prendre vos jambes à votre cou ! N’y voyez pas une preuve de lâcheté, seulement une stratégie pour se protéger. Si j’avais la garantie que mes excuses seraient acceptées, j’hésiterais beaucoup moins.  Mais il paraît qu’on ne peut même pas tout pardonner, alors bon… Je n’ai pas envie de placer la balle dans le camp adverse.

En noyant le poisson pour ne pas entretenir un jeu vicieux de vengeance et de rancœur, j’épargne aussi ceux à qui j’ai causé du tort. En ne m’excusant pas, je ne les prends pas en pitié, je ne les conforte pas dans leur malheur. « Oh ma pauvre j’ai tâché ta chemise, ta vie est fichue » … non ! Je préfère leur donner l’impression que rien n’est dramatique, et je place en eux l’espoir qu’ils se relèvent dignement.

Ce qu’en pense le psy : en prendre conscience et changer ce comportement nocif

Les «coincés de l'excuse» sont nombreux, l'action de demander pardon étant associée à un aveu de faiblesse dans leur esprit. « L’aveu de faiblesse est impossible, s’excuser reviendrait à dire “je montre des manques” » explique la psychanalyste nicole Fabre *. Certaines personnes, cas plus graves, sont bloquées, viscéralement incapables de s'excuser. Selon le docteur en psychologie et psychanalyste Moussa Nabati, ce blocage ou "empêchement intérieur" serait lié au sentiment de culpabilité mal géré. Elles préféreront alors s'enfermer dans le déni plutôt que d'accepter leur faute et le mal qu'elles ont pu causer à autrui.

Ce comportement peut être nocif comme l'explique la psychanalyste nicole Fabre, «On peut se dire que l’on a toujours fonctionné comme ça mais que l’on a tort. Ceux qui ne veulent pas changer finiront par s'isoler, se faire rejeter». Si vous avez identifié ce comportement chez vous ou l'un de vos proches, prenez-en conscience, le changement ne peut venir que de l'intérieur. Apprenez à gérer la culpabilité et à vous aimer plus.

Contacter un psy

En espérant vous avoir décomplexé ! Les prochaines excuses qui sortiront de votre bouche, auront été mûrement réfléchies. Parfois les autres semblent être un frein à notre épanouissement, si vous êtes de cet avis :

*Sources : 

MadameFigaro

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