Harcèlement de rue, comment réagir ?

“Hey, joli cul". Phrase typique qu’une femme peut entendre quand elle marche dans la rue, et encore, c’est assez soft. J’ai entendu des mots bien plus obscènes et violents à mon encontre… Car oui, malheureusement, toutes les femmes ont un jour connu le harcèlement de rue. Parfois, on n’y fait même plus attention tellement on peut le subir tous les jours. Comment réagir ? Comment se protéger en cas d’agression ? Comment aider si on est témoin ? Eléments de réponse.

Comprendre le harcèlement de rue

Le terme « harcèlement de rue » provient du terme anglais « street harassment » et désigne un harcèlement que toutes les femmes subissent dans l’espace public. Sifflements, remarques sexistes, compliments insistants qui se transforment rapidement en insultes… Tous les jours dans le monde, des femmes quel que soit leur âge ou leur physique sont victimes du comportement et du regard des hommes.

🤬 En France, 81 % des femmes ont déjà été victimes de harcèlement sexuel dans les espaces publics. Pire encore, 100 % des utilisatrices des transports en commun ont déjà été victimes de harcèlement au moins une fois.

Dis bonjour sale pute

Le harcèlement de rue est une réalité à laquelle on veut échapper. Malheureusement, ce n’est pas le cas... On a peur de rentrer tard le soir chez nous, de mettre une jupe courte lorsqu’il fait 40°, d’avoir des regards lubriques sur notre décolleté. Les violences faites aux femmes sont nombreuses… Emanouela Todorova a d’ailleurs créé un compte instagram Dis bonjours sale pute pour dénoncer le harcèlement de rue. Elle a d’ailleurs publié un livre, du même nom. Les témoignages partagées sur le compte sont édifiants, mais malheureusement bien réels :

Témoignage partagé sur le compte Instagram Dis bonjour sa pute

Témoignage partagé sur le compte Instagram Dis bonjour sa pute

Témoignage partagé sur le compte Instagram Dis bonjour sa pute

Captures d'écran de témoignages partagés sur le compte Instagram "Dis bonjour sale pute".

Comment réagir quand on voit du harcèlement de rue ?

20 % seulement des femmes agressées dans la rue disent avoir été aidées. Ce qui est très peu, face aux 81 % de femmes qui subissent un harcèlement de rue. Pourtant réagir est essentiel, le harcèlement de rue se fait dans l’espace public. Agir peut être déterminant et aider la victime ! Surtout que bien souvent les signaux ne trompent pas : on se crispe, on se renferme, on baisse les yeux, on tire sur notre jupe, on cherche de l’aide du regard.

La méthode des 5D pour aider la victime

Si on est témoin d’une scène où une femme est victime, il faut réagir. Mais comment ? La formation Stand Up de la Fondation des Femmes a donné une méthode mnémotechnique appelée “5D”. Anne-Cécile Mailfert, la présidente, l’explique comme ceci :

  • Distraire : si on voit une femme mal à l’aise, on peut intervenir en demandant l’heure. Il faut interrompre l’ambiance entre la victime et le harceleur.
  • Déléguer : si on n’arrive pas à intervenir nous-même, il faut trouver une personne qui représente une forme d’autorité qui sera légitime pour arrêter la situation.
  • Diriger : tout le monde n’est pas en mesure de le faire, mais si on s’en sent capable, il faut dire au harceleur d’arrêter ce qu’il fait. Généralement, l’agresseur se rend compte qu’il n’est pas tout seul et que d’autres personnes l’ont vu, il prend la fuite.
  • Dialoguer : il faut rassurer la victime comme on pourrait le faire avec une amie et lui apporter notre soutien.
  • Documenter : on peut filmer la scène pour que cela soit une preuve en cas de dépôt de plainte. Attention à ne pas partager la vidéo sur Internet car on ne connaît pas la situation de la victime, il faut toujours le faire avec son consentement.  

Comment réagir lorsqu’on est victime de harcèlement de rue ?

Mais le plus compliqué reste que lorsqu’on est victime de harcèlement, on est démuni face à ce comportement. La première chose à faire est de demander de l’aide ou de formuler à voix haute le comportement du harceleur. Généralement, cela fait fuir l’agresseur car son comportement est exposé à la vue de tous. 

On peut aussi répondre, mais la réponse c’est la confrontation et nous ne sommes pas toutes en mesure de le supporter. Il faut aussi éviter de transformer sa colère en violence pour ne pas se mettre en danger. L’ignorer est une solution pour se protéger, surtout si on n’arrive pas à savoir si l’agresseur peut être violent ou pas.

🏋️‍♀️ Certaines femmes apprennent des techniques d’auto-défense ou mettent un spray au poivre dans leur sac à main pour se sentir plus en sécurité. Face au harcèlement et à la violence des hommes, il est important de faire bouger les choses en se rapprochant des associations comme StopAuHarcelementDeRue.org ou NoustToutes.org 🙅‍♀️.

Mon expérience vis-à-vis du harcèlement de rue

Pour ma part, lorsque j’étais plus jeune, je ne disais rien et je marchais encore plus vite. Désormais, je réponds lorsque je sens qu’il n’y a pas de danger et qu’il y a du monde autour de moi. Répondre à mon harceleur me permet de prendre à partie les gens qui sont témoins de ce harcèlement. Mais attention, je ne dis pas qu’il faut le faire absolument. Il faut pouvoir aussi se protéger, surtout si on est seule avec son agresseur.

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Les applications et numéros qui peuvent sauver

Pour lutter, stopper ou punir ces agressions, des outils ont été mis en place pour nous aider. Il ne faut pas hésiter à les utiliser en cas de harcèlement dans l’espace public :

Alerte 3117 : contre les agressions sur le réseau ferré français

L’application « Alerte 3117 » est disponible gratuitement. Il est important de créer une fiche profil au préalable, en cas de problème, on peut ainsi donner rapidement l’alerte. Un système de géolocalisation et de boutons « raccourcis » associés à un cas de figure précis, aideront à lancer l’alerte appropriée pour une prise en charge efficace.

Pour contacter quelqu’un par téléphone, le numéro reste le même 3117 (appel gratuit). La fonction sms est également possible au 31177 (gratuit).

MonChaperon : l’application de co-piétonnage

Après avoir scrupuleusement complété notre fiche profil, indispensable pour trouver un co-piéton et mettre en base vos contacts d’urgence, on pourra :

  • trouver un partenaire de marche ;
  • donner à nos contacts répertoriés de la visibilité sur notre trajet, mais aussi de leur envoyer une alerte en cas de pression du bouton dédié ;
  • transmettre simultanément l’alerte aux utilisateurs de l’application se situant dans un rayon de moins de 200 mètres ;
  • alerter les secours par simple pression d’un bouton.

Pour plus de transparence et de confiance, chaque compagnon de route peut laisser une note ou un avis sur la fiche profil de son co-piéton. Le profil est également complété par un statut reflétant la fréquence d’utilisation de l’application par l’utilisateur. 

Handsaway

Cette application propose des services gratuits. Il y a beaucoup de personnes qui l’utilisent ce qui permet un fonctionnement actif (45 000 utilisateurs) :

  • de créer une alerte précise et géolocalisée en cas d’agression ;
  • de témoigner en qualité de victime ou témoin ;
  • d’apporter son soutien aux victimes grâce à une boîte de dialogue.

Le 3919 (et les autres numéros)

Le 3919 « Violences femmes info » est un numéro gratuit en métropole et dans les DOM. Il garantit notre anonymat. Il est accessible du lundi au samedi, de 8h à 22h. Cependant, en cas d’agression, il ne faut pas hésiter à appeler le 17 ou le 112. Des agents de régulation géreront notre appel et contacteront le service d’urgence le plus proche.

Le site du gouvernement

Le gouvernement recense toutes les associations nationales sur arrêtons les violences. Qu’on soit victime ou témoin, on peut trouver des associations ou des numéros d’urgence à contacter. Ce harcèlement de rue est puni par la loi, c’est pourquoi l’Etat a mis en place ce site.

L'avis de la rédaction : libérer la parole

Certaines expériences peuvent être traumatisantes et pousser la personne à se replier sur elle-même. Elle peut alors refuser de sortir passé une certaine heure, dans certaines situations, voire carrément refuser toute sortie. Il est alors primordial de ne pas laisser cette spirale de la peur s'installer et de parler de cette expérience traumatisante à son entourage dans un premier temps puis à un psychologue afin de l'analyser, de comprendre ce qui joue en nous et de pouvoir avancer. 

Contacter un psychologue

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Source : elle.fr

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