Les kilos émotionnels expliqués par Jean Doridot, psychologue

Mis à jour le par Emilie Potenciano

Les kilos ça va, ça vient, parfois ça reste et impossible de s’en débarrasser malgré toute notre bonne volonté… Et si la solution pour perdre du poids durablement ne se trouvait pas dans notre assiette mais dans notre tête ? Jean Doridot est avec nous pour nous aider à comprendre comment identifier le problème et comment agir ?

Les kilos émotionnels expliqués par Jean Doridot, psychologue

Qu’appelle-t-on “kilos émotionnels” ?

Typiquement, c’est quand une personne est traversée par une émotion difficile, douloureuse : stress, anxiété, colère, désarroi, découragement… Et à ce moment de sa vie cette personne, dès qu’elle est traversée par cette émotion, a un réflexe (pas besoin d’y penser) : elle mange. C’est un réflexe conditionné : elle mange pour que ça aille mieux 🍽️.

Évidemment le souci, c’est que cela ne fonctionne pas. La cause de l’émotion est toujours là, et en plus la personne regrette ensuite d’avoir mangé (notamment dans le cadre de problèmes de poids). Par ailleurs c’est la triple peine, car comme l’appétit vient en mangeant, ce qui devait être un bonbon ou un carré de chocolat ou un petit bout de fromage se transforme vite en paquet, tablette, tout le morceau…

Qu’est ce qui fait que nous mangeons nos émotions ? 

L’émotion est un signal très bref, d’abord physique, qui est déclenché par un stimulus, et qui conduit à un appel à l’action. Si on prend l’émotion de base, commune à tout le règne animal chez les mammifères : la peur. Eh bien la peur conduit aux actions : fight or fly. Soit il faut attaquer, soit il faut partir. C’est vraiment quelque chose qui nous intime d’agir. C’est le piège de la fringale, le cerveau est traversé par une émotion ex. stress, angoisse… Donc il a un signal : “il faut faire quelque chose ”, et le fait de faire n’importe quoi, ça va déjà apaiser le signal. Agir c’est gérer son stress. Il n’y a qu’à prendre le cas des personnes qui, quand elles sont stressées, font le ménage car ça leur fait du bien. C’est un fait, quand on est dans l’action, on abaisse mécaniquement le stress.

Le piège c’est quand on a une personne qui, pour différentes raisons, mange quelque chose, eh bien le cerveau dit “c’est bien”et il va garder cette solution en réserve pour la proposer à nouveau au coup de stress suivant. Cela va créer l’illusion que cela a réglé le problème alors que non. Et à force de répétition, on en arrive à un réflexe conditionné ( le chien de Pavlov -Le conditionnement opérant, comment ça marche ? ). Cela devient une injonction. Le cerveau ne propose plus une solution, il vous dit “ mange ça te fera du bien ”.

Parfois, la personne ne s’en rend même pas compte ! C’est seulement après coup, une fois la séquence comportementale terminée qu’elle dit “ punaise, je ne voulais pas le faire et je l’ai fait quand même ”. C’est le fameux : “ Docteur, je n’ai pas envie mais c’est plus fort que moi ”.

👉 Pourquoi je mange mes émotions ? La faim émotionnelle

Quelles émotions font grossir ?

Traditionnellement, ce sont les émotions négatives, les émotions douloureuses : le stress, l’anxiété, beaucoup la colère également, notamment chez les personnes qui ne parviennent pas à dire “ non ”, et tout ce qui tourne autour du découragement : désarroi, renoncement, déception… Manger c’est bon, mais le moteur de base c’est la faim. Le cerveau dit “ quand j’ai faim et que je mange, c’est bon ”. Mais ensuite le cerveau enlève la notion de “ quand j’ai faim ”, et il ne retient que le “ quand je mange, c’est bon ”.

Donc la personne sans s’en rendre compte, quand elle a besoin d’un peu de réconfort, associe cette idée, et elle mange même si elle n’a pas faim. À force de manger sans avoir faim, la personne finit par prendre du poids, cela peut engendrer des problèmes pour sa santé ou un mal-être généré par des kilos superflus.

Comment identifier les leviers qui nous conduisent à des prises alimentaires pour calmer une émotion ?

Les personnes qui viennent me consulter ont toutes cette lucidité de savoir qu’elles mangent parce qu’elles ne vont pas bien. Il n’y a donc pas de pédagogie à faire sur le sujet. Dans le comportement réflexe, la volonté ne fonctionne pas, car dans le cerveau ce n’est pas au même niveau. La personne lutte contre cette sorte d’automate qui ne se fatigue jamais. Mais on ne peut pas lutter H24, donc forcément à un moment donné, la volonté va se fatiguer et l’automate va gagner avec un “ prend un bonbon ”. Par conséquent, on pratique souvent l’hypnose dans ce genre de problématique car, sans faire de magie, on peut parler à l’automate. On peut débrancher un peu plus facilement le réflexe.

Est-il possible d'éviter les grignotages liés à une baisse de moral ? 

On y arrive oui ! Je le constate chaque semaine dans le cadre des séances d’hypnose que je propose sur ce genre de problématique. Il y a quelque chose d’émotionnel dans le fond. La formule “ tout est dans la tête ” eh bien c’est vrai ! Et l’hypnose c’est comme murmurer au subconscient. Quand vous réussissez vous le savez, car la personne est alors très satisfaite de dire “ dans le fond ça ne marche pas, quand je mange mon problème est toujours là, ça ne sert à rien ”.

Ce n’est pas de volonté dont on parle, ce n’est pas quelque chose de forcé, car cela ne fonctionne pas. Mais au contraire, quand on arrive à se dire en douceur “ ça ne marche pas, il n’y a pas d’intérêt au contraire ”, finalement la personne le ressent. On n’est pas dans le cognitif, mais dans le ressenti. C’est très surprenant, mais quand on en est là, alors le mécanisme s’éteint. En cabinet, je peux voir 15 jours avant une personne accro aux chips par exemple, me dire “je suis accro aux chips”, eh bien c’est surprenant mais après une séance d’hypnose cette même personne va me dire “ ça ne me fait plus rien les chips ”. Pour une autre personne accro au sucre ce sera “ le sucre ne me fait plus rien ”. Il se passe vraiment quelque chose ! Un peu comme un bouton on/off.

En tant que parents : que faire pour éviter à son enfant d’être victime de kilos émotionnels ?

Il faut que les enfants mangent des bonbons, de la pâte à tartiner… C’est l’enfance ! Toutefois, il est bien de dissocier la dimension affective, de tout ce qui est alimentaire. Il ne faut pas s’arrêter sur : “ tu as du chagrin, prends un bonbon”, mais  préférer plutôt l’attitude suivante : “ tu as du chagrin, on va faire un câlin, raconte-moi ce qu’il se passe, fais-moi un dessin (pour rejouer la scène qui préoccupe l’enfant)…

Et cela n’empêche pas de dire après “ je te propose de faire un gâteau ça va être génial ! ”. Parce que c’est super ! On partage, on cuisine, après on mange le gâteau, on est content. Un paquet de bonbons tout comme un écran ou un jeu vidéo n’est pas un moyen de substitution à la vraie relation éducative avec un câlin ou un bisou évidemment !

L'avis de la rédaction : Ne pas attendre pour prendre rendez-vous !

Comme l'explique Jean Doridot, on en arrive à un réflexe conditionné, on mange parce que le cerveau se dit que ça va mieux en mangeant. Pour sortir de cette spirale infernale, il faut alors reprogrammer le cerveau et lui faire oublier cette méthode, en lui montrant, que non, ça ne va pas mieux en mangeant. L'hypnose est alors une solution très efficace, n'hésitez pas à prendre rendez-vous avec Jean Doridot si vous vous trouvez dans cette situation.

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Article proposé par Emilie Potenciano

Mon rêve de bonheur : toujours croire que tout est possible.

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