La dépendance affective : quand l’autre devient une drogue

Vous avez sans doute déjà entendu parler de dépendance affective. Vous pensez être touché ou qu'une personne de votre entourage est dans cette situation ? Mais alors, comment différencier amour et dépendance affective ? Comment s'en sortir ? Delphine Py, Psychologue Psychothérapeute TCC à Clermont-Ferrand nous dit tout.

Sommaire :

Le terme de « dépendance affective » est communément utilisé pour parler du trouble de la personnalité dépendante. Ce trouble se caractérise par un besoin excessif d’être épaulé et aimé. Il entraîne alors des comportements de soumission et d’attachement exagérés que l’on peut retrouver aussi bien dans le couple, que dans le milieu familial, amical ou professionnel.

L’attachement est un processus sain, normal et naturel. Cependant, dans le cas de la dépendance affective, l’estime de soi repose totalement sur le regard de l’autre. La personne dépendante affective peut se juger incapable, incompétente, ce qui la pousse à chercher l’aide et le soutien des autres. Elle peut également avoir l’impression de ne pas être aimée, ce qui lui procure un sentiment d’insécurité affective. L’autre est alors utilisé comme un moyen de se rassurer, entraînant une dépendance et une asymétrie dans la relation.


Delphine Py - PSYNERGY
Psychologue Psychothérapeute TCC
Portable: 06 88 63 63 67

21 rue Blatin, 63000 Clermont-Ferrand



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Comment différencier l’amour de la dépendance affective ?

La relation amoureuse : avoir ENVIE d’être avec l’autre

Dans une relation amoureuse, les deux partenaires partagent affection et attention et sont attachés de manière équilibrée l’un à l’autre.  Ils peuvent compter l’un sur l’autre, partagent des projets de vie et des valeurs communes. Leur relation les épanouit, et elle est source d’émotions positives. Il est possible pour les deux partenaires d’exprimer leurs opinions, besoins et envies. Chacun d’eux dispose de temps personnels en dehors du couple.

©️ Instagram Psynergie

La relation de dépendance affective : avoir BESOIN de l’autre

Dans une relation de dépendance affective, la personne dépendante est incapable de s’épanouir seule. Il est difficile pour elle de faire des activités, de prendre des décisions, sans l’avis de son partenaire. Elle cherche à plaire à ce dernier et à être au centre de son attention.

De plus, la peur de l’abandon est très présente, ce qui peut la pousser à avoir des comportements compulsifs (fouille de téléphone, demande de réassurance, envoi de SMS etc…) La relation est déséquilibrée. Il n’y a plus de place à l’individualité. On note souvent un manque d’affirmation de soi, qui pousse la personne dépendante affective à se conformer à l’avis de l’autre.

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Quelles sont les pistes pour en sortir ?

Pour sortir de la dépendance affective, un accompagnement psychologique est souvent nécessaire. Les thérapies cognitives et comportementales sont adaptées à cette problématique, ainsi que la thérapie des schémas ou encore la thérapie interpersonnelle.

Voici quelques pistes pour diminuer votre dépendance affective :

1. Se lancer des défis d’indépendance :

Prenez des initiatives sans demander de conseil ou de validation. Commencez par de petites choses, telles que :

  • Choisir le restaurant par vous-même
  • Décider du programme Netflix,
  • Prévoir une sortie sans son conjoint ou sa conjointe,
  • Acheter un objet de déco sans demander d’avis,
  • …etc.

2. Connaître ses ressources :

Listez tout ce que vous avez accompli dans votre vie sans l’aide de personne dans le cahier de vos réussites personnelles. Par exemple :

  • Mon diplôme,
  • Trouver un travail,
  • Faire du jogging,
  • …etc.

3. Prendre du temps pour soi :

Prévoyez des « temps perso » durant lesquels vous ne faites que des choses que vous aimez, sans rendre de compte. 

  • Jardinage,
  • Activité de loisirs créatifs,
  • Musique,
  • Balade,
  • Lecture,
  • …etc.

S’il est compliqué pour vous d’identifier les choses que vous aimez faire, vous pouvez prendre une liste de loisirs, vous laissez tenter par celui qui vous attire le plus et l’essayer.

4. Accepter le doute :

Pour cela, diminuez progressivement vos demandes de réassurance. Par exemple :

  • Je demande « est-ce que tu m’aimes » à mon compagnon ou ma compagne 6 fois par semaine maximum, puis 4 fois, puis 2 fois…etc.  

5. Être moins proactif·ve :

Essayez de ne pas devancer les demandes de l’autre, mais d’attendre qu’elles soient formulées explicitement. Puis demandez-vous si vous avez envie de les satisfaire ou non.

6. Garder une trace de vos avancées :

Tenez un journal et notez vos objectifs et réussites. Vous pourrez ainsi mesurer le travail accompli. 

Vous êtes en couple avec une personne dépendante affective, comment faire ?

Au début, la relation avec une personne dépendante affective peut être vécue comme gratifiante car elle crée une relation fusionnelle, un amour passionnel très fort. Mais dans la durée, les rapports se compliquent et créent un enfermement, une privation de liberté ainsi qu’un épuisement. 

Il est important de parler de vos ressentis avec la personne dépendante affective et progressivement, de répondre de moins en moins à ses demandes de réassurance. Vous pouvez également valoriser tous les petits choix qu’elle effectue seule et l’inciter à faire des choses pour elle-même.

Caractéristiques Diagnostique du trouble de la personnalité dépendante :

Selon le DSM V :

Besoin général et excessif d’être pris en charge qui conduit à un comportement soumis et collant et à une peur de la séparation, qui apparaît au début de l’âge adulte et est présent dans des contextes divers, comme en témoignent au moins cinq des manifestations suivantes :

  • Le sujet a du mal à prendre des décisions dans la vie courante sans être rassuré ou conseillé de manière excessive par autrui.
  • A besoin que d’autres assument les responsabilités dans la plupart des domaines importants de sa vie.
  • A du mal à exprimer un désaccord avec autrui de peur de perdre son soutien ou son approbation (ne pas tenir compte d’une crainte réaliste de sanction).
  • A du mal à initier des projets ou à faire des choses seul (par manque de confiance en son propre jugement ou en ses propres capacités plutôt que par manque de motivation ou d’énergie).
  • Cherche à outrance à obtenir le soutien et l’appui d’autrui, au point de faire volontairement des choses désagréables.
  • Se sent mal à l’aise ou impuissant quand il est seul par crainte exagérée d’être incapable de se débrouiller.
  • Lorsqu’une relation proche se termine, cherche de manière urgente une autre relation qui puisse assurer les soins et le soutien dont il a besoin.
  • Est préoccupé de manière irréaliste par la crainte d’être laissé à se débrouiller seul. 

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