Rencontre avec Anne-Fleur Saraux, fondatrice de Wengood

Aujourd’hui nous vous proposons de rencontrer Anne-Fleur Saraux, qui n’est autre que la fondatrice de Wengood ! Directrice générale de Wengo, maman de 2 enfants, elle nous confie son quotidien et ses secrets pour télétravailler avec 2 enfants en bas âge. Une rencontre inspirante.

Bonjour Anne-Fleur, merci d’avoir accepté l’invitation, est-ce que tu veux bien te présenter pour nos auditeurs ?

Que dire, que dire…

🚴 Mon parcours :

Enfance - Famille de 3 enfants, je suis l’aînée, plutôt pas de vague, peu de crise d’ado (ma cadette pourrait vous en parler)... et pour autant j’ai probablement fait morfler mes parents - méningite virale, mensonges de différentes natures par peur de me faire gronder…

😇 J'étais une enfant studieuse… mais qui croyait probablement que ses parents ne l'aimeraient pas si elle n’était pas parfaite.

Je suis la voie tracée et rejoins une école d’ingénieurs. J’y rencontre des amis pour la vie et mon mari, le père de mes enfants. Je suis la voie tracée toujours et "choisis" le conseil pour mon année de césure… Mon premier client s’appelle Wengo et je suis restée : 16 ans après, je suis devenue directrice générale aux côtés des fondateurs.

Ma rencontre avec moi-même

Pendant longtemps j'ai fait le lien Aimable ⇔ Parfaite. Je crois que ça a été la base de beaucoup de souffrances et cela m’a créé beaucoup de difficultés… Heureusement, j'ai dépassé cela parce que j'ai eu beaucoup de chances...

… celle d’avoir un fort intérêt pour le développement personnel et l’introspection - j’ai vite appris à mettre des mots sur mes ressentis.

celle d’être dotée d’un esprit analytique - je mettais en lien direct Aimable ⇔ Parfaite puis… je me suis demandée si les gens que j’aimais étaient parfaits… ils ne l’étaient pas… donc aussi imparfaite que j’étais j’étais peut-être aimable ?!? (ah oui gros gros raisonnement  !)

… celle de faire de très belles rencontres, chacun m'a encouragée à sa manière à être moi.

… celle d’avoir un enfant, puis deux, et de décider qu’ils ne devaient pas subir ce que je n’avais pas résolu de moi, que ce ne serait pas un bon modèle à leur donner, que je devais donc "me comprendre, m'accepter" si ce n'est pour moi, au moins pour eux.

Et aujourd’hui, je jongle :

  • avec mon besoin d’approbation et l’apprentissage progressif du “je veux, j’ai envie”.
  • avec ma charge mentale, ma culpabilité, les petites voix dans ma tête et une acceptation croissante.
  • avec mes enfants, mon travail, ma famille, mes amis… et moi !

🎙️ Et si vous voulez écouter le podcast :

Retour en mars 2020, comment avais-tu vécu le premier confinement ?

C’est un peu comme la grossesse : ma mémoire a retenu ce qu’elle voulait et plutôt les bons côtés. 😅

  • plus de temps avec les enfants
    • découverte d’activités comme les Lego
    • voir ma fille apprendre
    • planifier des repas et recettes avec eux
  • un rapprochement de nos trois sites : avant nous avions les personnes qui allaient sur le "même" site et les autres, maintenant nous sommes tous ensemble à distance
  • une agilité et adaptabilité de l’humain, j'en suis toujours fascinée
  • un coup de pied dans la fourmilière / coup d’accélérateur de mutations profondes mais lentes dans beaucoup d’industries (exemple de la télémédecine ou de la vente à emporter) et dans les méthodes de collaboration.
  • une situation incroyable qui rapproche et crée du lien. J'ai été très surprise de combien le "comment ça va" est devenu vrai, une empathie réelle probablement encouragée par le fait qu'on vit tous les mêmes difficultés. J'ai aussi apprécié prendre autant de soin des équipes... et que cette bienveillance soit reconnue

😱 Mais je me souviens aussi :

  • un stress énorme : dès les premières semaines, l'impact sur nos activités est significatif ; il a fallu dans l'urgence travailler des plans de trésorerie d’activité partielle & co - beaucoup d’inconnues, des sujets inédits, des mesures changeantes et des décisions pas faciles à prendre... sans bouquin de référence pour faire le bon choix ! 
  • prendre soin de l’équipe à distance… ce n'est pas facile quand croiser le regard des uns et des autres était ma principale sonde "avant", j'ai appris à faire autrement
  • la patience impossible à avoir avec des enfants qui trépignaient comme des piles électriques qui n'avaient pas assez l'occasion de se défouler
  • la culpabilité de ne pas pouvoir plus / mieux m’occuper d’eux
  • les injonctions de faire toutes ces choses qu’on n’a pas le temps de faire d'habitude (notamment dans les médias, sur les réseaux)… une seule envie : ne rien faire … et de toutes façons le temps “supplémentaire” est plus rare que ce que “on” semble supposer
  • ce besoin d’aller courir tous les deux jours pour évacuer et pour ne pas avoir le sentiment de m’empâter à chaque repas (!?!)
  • le manque de liens, le manque d’air, le manque d’espace pour se ressourcer... On sait qu'on doit boire, manger et dormir, on ne connaît pas bien nos autres besoins vitaux... et pourtant on sent que quelque chose manque cruellement !

Clairement cela a été très dur... mais "ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort", je l'ai ressenti !

Une vie professionnelle bien remplie, 2 enfants en bas âge… tout ça dans le même espace…. Quelles sont tes astuces pour que ça marche ?

Qu’est ce qui te dit que “ça marche” ?!? Moi j’aurais besoin qu’un grand évaluateur me donne une note pour dire cela. 😛Bon comme il n’existe pas, je suis obligée de passer par d’autres éléments.

  • Notre boîte se porte bien, les gens et les projets aussi, j’y suis probablement pour quelque chose
  • Mes enfants ont l’air heureux et les feedbacks des autres adultes sont bons. Ici aussi j’ai peut être ma part de responsabilité.

Alors, les ingrédients ?

  • la gestion de projets c’est mon métier, c’est utile en cuisine, c’est utile pour gérer une famille / un foyer. J'ai une compétence multi-tâches qui m'aide beaucoup
  • je challenge les bavardages de mon cerveau : comme dans les BD deux voix s'affrontent dans ma tête, l'une est bienveillante, l'autre moins. J'apprends à distinguer qui parle et encourager la voix bienveillante
  • je m’écoute : la petite boule dans ma gorge, le diaphragme bloqué, les maux de ventre, les larmes à répétition… je reconnais les signaux quand mon corps prend le relais de mon cerveau, je les écoute et vais à la source du sujet pour le résoudre ou à défaut déjà l'admettre
  • je ne fais pas (que ?) ce qu’il faut, j’apprends à faire ce que je veux : j'ose prendre du temps pour moi seule alors que “c’est sympa” de sortir avec les enfants, d’aller voir des gens… 
  • je suis entourée de personnes incroyables qui savent m’écouter et me soutenir… sans complaisance ! (bon j’avoue elles sont assez différentes les unes des autres, je peux choisir le type d’accueil dont j’ai besoin) Sans elles je n'y arriverais pas !

Quelle est la chose que tu préfères en travaillant avec tes enfants ?

🐣 Les voir grandir, apprendre, évoluer.

Celle que tu détestes ?

Être en réunion en train de partager une idée, être interrompue pour un sujet clé comme “Maman, ma grande soeur m'a dit que...“ ou “Maman, ça s’écrit comment...”, adresser le point, se re-connecter au propos tout en ayant perdu le fil… et craindre le jugement (au moins un quart de seconde). Je me sens coupable vis à vis de mes enfants, vis à vis de mes interlocuteurs et cela me fatigue / m'use.

Le moment de la journée que tu préfères ?

La semaine - le soir, quand les enfants dorment (enfin !), que ce n’est pas une soirée travail et que je prends un peu de temps type Série + Broderie ou bonne lecture.

Le week-end - le petit-déjeuner avec les mêmes activités :p .

Ton dernier fou rire ?

C’est horrible mais je ne m’en souviens pas ! Mes enfants me font sourire... mais l'éclat de rire... Je me souviens que j’ai ri assez fort il n’y a pas longtemps, que c’était en Visio, que cela m’avait fait un bien fou, que j’avais envie de remercier la personne pour ce cadeau qu'elle me faisait… et pourtant je ne sais plus précisément quand c’était…

Ta dernière crise de larmes ?

Il y a une heure ? Non je rigole… Mes deux scénarii classiques :

  • je pars en vrille parce que je suis fatiguée / énervée. Si mon mari ou mes enfants sont là, ma colère sort… toute autre personne ça reste à l'intérieur… et après la crise, les larmes… c’est arrivé deux ou trois fois depuis ce nouveau confinement !
  • je suis très chagrinée par quelque.s chose.s, je ne l’identifie pas mais je sais que ça ne va pas. Le soir j’y pense, je creuse, je trouve, j’écris dans ma tête aux personnes impliquées et souvent l’émotion sort… nous sommes chimie :)

Le truc de mauvaise mère qui fait du bien ?

📺 Netflix est une très bonne baby-sitter.

Une anecdote à nous partager ?

Ma fille s’interroge beaucoup sur ce que je fais au travail. Pour elle, mon métier c’est “d’être chef” et dire aux gens ce qu’ils ont à faire… mais elle voit bien que ça a l’air plus complexe que cela.

L'autre jour, j’ai parlé une heure en visio avec un de mes associés en mode “on débriefe” des actualités de notre groupe. Elle a capté pas mal de choses et y est revenue plus tard pour m’interroger “alors maman il y a des gens qui t’énervent au travail parce qu’ils ne comprennent pas ce que tu dis et après ils restent quand même sur leur position. Je comprends que cela t’énerve. T’as essayé de leur expliquer autrement”. Elle a compris, synthétisé et me propose un plan d'action ?!? #LesEnfantsSontFormidables

Tu arrives à trouver du temps pour toi ?

En ce troisième confinement ? peu.

D’abord il fait moche ➡ mes enfants sortent peu ; ce sont normalement les moments pour moi. 

Ensuite faire l’école à la maison sans pour autant faire beaucoup moins au travail, ça veut dire s’organiser et étendre ses plages horaires.

🧘 Enfin mes rituels bien-être, mes "temps pour moi" : déjeuner seule en terrasse avec un livre, aller me faire masser, me faire faire les ongles, bruncher avec une copine, boire un verre avec des copains… bah comment dire ils sont remplacés par cuisine, broderie, lecture, écriture,... c’est bien mais c’est pas pareil !

Ceci étant dit... c'est quoi prendre du temps pour moi ? Bien sûr, c'est (trop) dense en ce moment... mais je n'ai pas l'impression de me sacrifier au passage : je grandis, je me nourris, je m'épanouis... Oui ce temps est très centré sur mes enfants et les équipes... mais je ne m'oublie pas dans l'histoire. 


Le mot de la rédaction : se comprendre et s'accepter, la clé pour gérer ?!?

Nous espérons que cet échange et ce partage d’expérience vous auront inspirée 
et vous offriront quelques pistes pour mieux vivre votre quotidien. 
Vous aurez sans doute noté l’important travail d’analyse et de développement personnel effectué par Anne-Fleur pour se comprendre, s’accepter et c’est la clé ! Si vous aussi vous souhaitez prendre le contrôle de votre vie sans être parasitée par votre passé, laissez vous inspirer par les histoires personnelles d'Anne-Fleur, rejoignez le Programme FeelGood ou contactez l’un de nos professionnels.


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Article proposé par
Charlène Barbet, Responsable éditorial

⭐ Mon rêve de bonheur : les plaisirs simples.

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