Psychomotricité : comment ça marche ? Comment se développe-t-elle ?

Mis à jour le par Emilie Potenciano, rédactrice pour Wengood

Quand ma fille est née, ma première question a été de savoir si elle était en bonne santé, si “tout allait bien”, et si elle avait bien deux bras, deux jambes, dix doigts de pieds, dix doigts… J’étais la maman chanceuse d’une petite fille physiquement en bonne santé. Au fil des mois, des examens de routine, et de quelques lectures, je me rends compte que ses capacités physiques (moteurs) mais aussi psychiques sont étroitement liées. C’est ce que l’on appelle la psychomotricité. La psychomotricité vise à améliorer l’équilibre entre le corps et l’esprit, et contribue ainsi au bien-être psychique, physique et social de l’enfant mais aussi de l’adulte qu’il deviendra. C’est pourquoi il est important d’y accorder une attention toute particulière. Et comme on ne reçoit pas le mode d’emploi de bébé à la livraison, je vous propose d’expliquer la psychomotricité, son fonctionnement et sa mise en pratique !

Psychomotricité : comment ça marche ? Comment se développe-t-elle ?
Sommaire :

Les grands principes de la psychomotricité

Tout petit, peu mobile et dormant presque toute la journée, on pourrait penser que bébé se développe tout seul, dans un cocon, au calme. Je vous arrête tout de suite, il n’en est rien ! L’enfant va se développer en fonction de son environnement, en fonction de son caractère physiologique (ce qu’il a reçu à la naissance), et aussi en fonction de caractéristiques d’ordre psychique. C’est un ensemble. Le développement psychomoteur regroupe beaucoup d'items dont voici les principaux.

👉 Le tonus : c’est la contraction des membres qui va engendrer le mouvement. En d’autres termes, c’est la forme musculaire. Cela joue un rôle dans le mouvement, la synchronisation mouvement, la manipulation, la mobilité. Le tonus est étroitement lié à la perception de l’espace et à la notion de temps.

👉 L’espace : La construction de l’espace arrive très progressivement. L’espace du bébé quand il naît est vraiment différent par rapport à nous. L’adulte ne se rend pas forcément compte de cette “gigantesque”, et c’est le cas de le dire, différence.

👉 L’appréciation des distances : un adulte passe devant un bébé allongé. Il nous voit presque aussi grand qu’un gratte-ciel ! Cela peut-être impressionnant ! De la même façon, quand on porte un bébé à une vitesse tout à fait normale pour nous, pour le bébé cela peut être l’équivalent de la sensation que l’on ressent dans un manège. Nous sommes son premier parc d’attractions ! Tout d’un coup, il se retrouve à une vitesse élevée par rapport à la taille de son corps et à la distance du sol. Il n’a plus de repère autour de lui. C’est le vide.

📢 BON À SAVOIR :  

Quand on porte un bébé et qu’on va le reposer, il faut un peu le pencher, pour qu’il puisse apercevoir la distance qu’il y a à parcourir entre les bras et l’endroit où on va le déposer. Il ne faut pas hésiter non plus à lui faire toucher l’endroit où on va le déposer juste avant. Il est important de parler au bébé, de le prévenir avec des mots rassurants “je vais te porter, je vais te poser”.

👉 La notion de temps : Cela s’intègre également au fur et à mesure du développement de l’enfant. Le temps peut d’ailleurs générer de la frustration. Au début pour l’enfant, le temps va être rythmé par de la frustration. L'enfant a des envies auxquelles l’adulte ne sait pas toujours répondre (et pourtant, c’est pas faute d’essayer !) Pour l’enfant, cela engendre de la frustration. Heureusement, parfois quand le parent parvient à décoder les babillages et autres sons de bébé, les frustrations sont remplacées par des phases d’apaisements. Ce n’est pas évident à gérer pour l’enfant car ces phases frustrations/ apaisements sont aléatoires. C’est donc à l’adulte que nous sommes de veiller à apporter à l’enfant une réponse adaptée pour éviter au maximum les frustrations et lui permettre de construire ses propres repères temporels. Mais soyons indulgents, on fait comme on peut.

👉 La compréhension : Les réactions de gaieté, de fierté, l’interaction sociale sont des notions très importantes. On ne peut pas seulement développer le plan moteur de l’enfant sans développer le plan social.

👉 L’appréhension : La synchronisation œil - mouvements - mains. Pour le bébé cela va être également une étape cruciale. Avec l’appréhension il va pouvoir accéder à des objets autour de lui, s’intéresser à son environnement.

Les grandes étapes : comment stimuler son enfant ?

La toute petite enfance : du berceau au tapis d’éveil

Bébé est immobile, il est couché sur le dos. Il ne voit que le plafond. Il aime donc voir apparaître nos têtes d’adultes qui sourient : alors on en profite pour lui faire nos plus beaux sourires de parents gagas 😊. Il commence à tourner la tête, et à la redresser. Il va regarder au-dessus de lui et là c’est une grande surprise pour lui, son champ visuel va s’élargir ! Il va commencer à s’intéresser à ce qu’il y a autour. Par le regard, par les mains, il va s’intéresser aux objets autour. Il faut donc placer des jouets autour, pas trop loin pour qu’ils restent accessibles et ainsi éviter toute frustration de l’enfant. Quand quelque chose arrive au niveau de la main bébé l’attrape, c’est ce que l’on appelle l’appréhension au contact.

L’enfant va pouvoir fléchir les jambes et initier des mouvements au niveau du bassin. Bébé s’enroule et commence son cheminement vers le mouvement sur le côté. Puis avec les épaules. On peut encourager cette recherche de mouvement du haut du corps en plaçant un objet sur le côté pour que bébé ait envie d’attraper l’objet. Puis il va lever la tête, c’est ce qui va lui permettre de dégager son bras et de se retrouver à plat ventre. Quand on est parent, on a envie de dégager son bras coincé mais en le faisant à sa place on ne lui apprend rien. En revanche, on peut poser notre main sur le front et l’inviter à redresser la tête. Cela lui permettra d’apprendre le cheminement pour dégager le haut du corps. Le bébé est enfin à plat ventre !

L’enfant va redresser la tête + le haut du corps à présent. Il va muscler son dos, sa nuque. Depuis cette position, il va repousser le sol avec les bras. C’est ce qui va doucement le mener aux 4 pattes. Il n’est pas toujours facile pour bébé ensuite de trouver la marche avant. Parfois en poussant sur les bras, bébé recule ou tourne en rond. C’est tout à fait normal ! Pour lui apprendre la marche avant, on peut l’aider par exemple en plaçant nos mains au niveau de sa plante de pieds pour qu’il comprenne qu’il doit prendre appui avec ses pieds s’il souhaite avancer.

Petit à petit bébé va se redresser, puis se mettre à genoux et se tenir debout 😊 ! Rien ne sert de brûler les étapes. Il faut laisser bébé aller à son rythme pour favoriser son apprentissage. La qualité de son équilibre et de ses appuis lui servira toute sa vie.

📢 BON À SAVOIR :
On évite d’installer bébé trop fréquemment dans son transat et le Youpala.
On privilégie des temps au sol avec son enfant pour lui permettre d'explorer au mieux ses capacités motrices.

Bébé est debout : comment aménager l’espace de jeux ?

Bébé a grandi. Il est maintenant debout. Il a des jouets, il reproduit des scènes du quotidien. On va maroufler son espace de jeux ! L’aménagement de son aire de jeux joue un rôle important dans le bien-être de l’enfant. On doit donc se demander comment on va positionner les meubles, les tapis, les jouets, les points symboliques pour répondre au mieux aux besoins de l’enfant. La clé : Il faut que l’univers recréé soit à l’image de la vraie vie.

  • Les espaces symboliques : ouverts ou fermés
  • Espaces fermés : le coin lecture pour une ambiance cocooning, avec des coussins ou encore la dînette pour conceptualiser le coin repas de la cuisine par exemple.
  • Espaces ouverts : le coin voiture, car dans la vie quotidienne on se sert de la voiture pour aller dehors…

À vous de jouer et de laisser parler la Valérie Damidot qui est en vous.

📢 BON À SAVOIR

👉 On laisse bébé pieds nus. Cela permet à l’enfant d’intégrer le plus d’informations sensorielles au niveau de la plante du pied.
👉 Même si de temps en temps on se fait plaisir avec de jolis vêtements de bébé modèle, on privilégie les vêtements amples qui facilitent le mouvement.
👉 “On ne laisse pas bébé dans un coin” 😉 :  On accompagne notre trésor dans ses découvertes et on l’encourage. Sûr qu’il aura lui aussi beaucoup de choses à nous apprendre.

Pour aller plus loin, en images, avec une émission que l’on adore :  La maison des maternelles

QUAND CONSULTER UN PSYCHOMOTRICIEN ?

Une consultation chez un psychomotricien se fait sur prescription médicale. C’est parfois la crèche ou l’établissement scolaire qui peut recommander la consultation du spécialiste. En tant que parent, quelques éléments peuvent peut-être vous interpeller.

Le bébé de 0 à 3 ans : dépistage des troubles du spectre autistique

  • Si on remarque que : bébé ne se développe pas tout à fait au même rythme que ses camarades (marche, propreté…). Déjà pas de panique, cela n’est pas nécessairement lié à un trouble. Il est bien de consulter pour nous assurer du bien-être de l’enfant, d’apprendre à le stimuler tout en respectant son rythme et, dans la plupart des cas, pour nous rassurer !
  • Les indicateurs : on observe comment l’enfant se déplace, joue, s'assoit.

À partir de 3 ans  

Si on constate :

  • des troubles du graphisme : dessins, écriture, coloriage…
  • de la maladresse
  • des difficultés de gestion des émotions
  • des difficultés dans la maîtrise du corps, il se repère mal dans l’espace et le temps
  • des troubles de la concentration

Durant l’enfance

Si on constate :

  • des troubles de l’apprentissage
  • des troubles du développement
  • des difficultés dans la communication
  • que l’enfant écrit mal et avec difficulté
  • de l’anxiété, de la nervosité
  • que l’enfant est trop passif, qu’il est trop timide
  • qu’il bégaye ou qu’il présente des tics

Un travail qui peut bien entendu se poursuivre à l’adolescence et même à l’âge adulte pour la gestion des émotions, des angoisses, et pour apprendre à se réapproprier son corps après une maladie comme le cancer, la dépression, l’obésité, l’AVC…

LE BILAN PSYCHOMOTEUR

Le psychomotricien établira un compte rendu qui vise à préciser les acquis, les retards, les manques. Si cela s’avère nécessaire, il permettra de :

  • Proposer un suivi thérapeutique en psychomotricité
  • Poser un diagnostic
  • Ce compte rendu aidera le médecin traitant ou tout autre professionnel de santé à orienter l’enfant vers une thérapie adaptée.

Parfois le bilan psychomoteur permet simplement de constater un petit retard passager qui ne relève pas d’un suivi thérapeutique. Cela permettra toutefois à papa et maman de ne plus se poser mille questions. Et ce n’est pas rien !

LES OBJECTIFS DU BILAN PSYCHOMOTEUR

  • Réduire les retards de développement psychomoteur
  • Prévenir un éventuel échec scolaire lié à un trouble psychomoteur
  • Renforcer les capacités d’adaptation et d’apprentissage
  • Améliorer la gestion du stress
  • Participer à la prévention des troubles du comportement
  • Participer à la récupération des fonctions psychomotrices réduites ou perturbées.

LES MOYENS

  • La psychomotricité veille à stimuler l’enfant et pour cela quoi de mieux que le jeu !
  • L’expression corporelle comme le théâtre ou la danse sont un excellent moyen
  • Les activités musicales et rythmiques
  • La peinture et les activités plastiques
  • Certains jeux spontanés ou dirigés
  • Mais aussi de la graphomotricité
  • ou encore de la relaxation.

En tant que parents les sources d’inquiétudes sont nombreuses : fièvre, diarrhée, chouinage, boutons, colère, dent qui pousse, petits bobos…  À la moindre sortie de routine, le cœur s’accélère et on se demande s’il faut consulter son pédiatre ou même courir aux urgences. On se sent bien souvent démunies et on ne sait pas comment réagir pour faire correctement les choses.

Faire correctement c’est s’écouter. Il n’y a pas de marche à suivre définie. L’important est de ne pas rester dans le stress, le doute et surtout de ne pas laisser l’enfant dans une situation dans laquelle il ne se sent pas à l’aise. Aujourd’hui il existe beaucoup de spécialistes qui peuvent accompagner notre enfant vers son épanouissement. Le pédiatre est aussi là pour nous les parents, pour écouter nos questionnements et nous aider à y répondre. 👉 Quand faut-il emmener son enfant chez le psychologue ?

Il ne faut pas oublier que chaque enfant évolue à son rythme et que parfois si notre enfant n’évolue pas aussi vite que certains de ses camarades, cela n’est pas nécessairement la conséquence d’un trouble. Parfois, l’enfant a simplement besoin de plus de temps. On peut participer à cette évolution sans le brusquer mais en stimulant sa motricité à la maison.

L’avis de la rédaction : la psychologie, un précieux soutien

L’arrivée d’un enfant est un bouleversement important pour les jeunes parents comme pour le couple. Certaines angoisses peuvent alors apparaître. La psychologie est une aide formidable pour vous accompagner sur le chemin de la parentalité. N’hésitez pas à prendre rendez-vous si vous sentez que quelque chose ne va pas.

🤗 Se comprendre, s'accepter, être heureuse... C'est ici et maintenant !
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Sources : psychomotricite-suisse, monpediatre, topsante


Article proposé par Emilie Potenciano, rédactrice pour Wengood

Mon rêve de bonheur : toujours croire que tout est possible.

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